Ce lundi, LaLibre.be vous révélait en primeur le contenu de la lettre (voir ici) que Ségolène Royal avait adressée à Elio Di Rupo, le 8 octobre, suite au coma d'une étudiante française de l'ULg lors d'un baptême. L'ex-candidate socialiste à la présidentielle française y affirmait tout le mal qu'elle pensait de "ces violences d'un autre âge". Elle demandait également au Premier ministre belge de"légiférer pour mettre le bizutage hors la loi".

Le soir même, le recteur de l'Université de Liège a vivement réagi à ce courrier. Via sa page Scoop.it, Bernard Rentier se montre acerbe, renvoyant l'ancienne ministre de l'Enseignement français aux "problèmes bien hexagonaux".

Voici la réaction du recteur de l'ULg :

"Je suppose que Madame Royal ne s'est pas interrogée pour savoir pourquoi des milliers d'étudiants français faisaient leurs études ici, aux frais de la Fédération Wallonie-Bruxelles et que beaucoup de médecins et une majorité de médecins vétérinaires français étaient porteurs d'un diplôme belge... Les étudiants français sont les bienvenus, mais tant qu'à donner des leçons, elle pourrait commencer par se préoccuper de problèmes bien hexagonaux: le numerus clausus, les concours et le bachotage.

Je suppose qu'en faisant interdire les baptêmes, qu'on tend à confondre avec des "bizutages", elle n'a pas réalisé qu'elle créait une prohibition, meilleur moyen de rendre clandestine une activité qui peut, normalement, être adéquatement encadrée.

Je suppose qu'il ne lui a pas effleuré l'esprit que l'accident de Marche était une dérive anormale, condamnée par les comités d'étudiants eux-mêmes, qui est sous le coup d'une enquête judiciaire et dont les auteurs sont passibles de sanctions très lourdes au pénal. Une intervention du Premier ministre n'est donc pas nécessaire en l'occurrence et il n'est nullement souhaitable de légiférer. Il y a suffisamment de lois en Belgique pour réprimer de tels comportements erratiques. Interdire les baptêmes ne résoudrait rien et porterait atteinte à un folklore généralement bon-enfant. D'autres mesures, moins répressives et plus éducatives sont susceptibles de réduire ces débordements incontrôlés à l'avenir et on y travaille."