Ce mercredi, quatre militants du "Secours Rouge" comparaîtront devant la chambre du conseil de Bruxelles. Ils sont soupçonnés d’activités terroristes.

Il s’agit de Bertrand Sassoye, ancien membre des CCC (Cellules communistes combattantes), de Constant Hormans, réputé être l’un des lieutenants de Marcel Habran, du Libanais Abdellah Ibrahim Abdellah et de la journaliste de la RTBF Wahoub Fayoumi.

La chambre du conseil décidera de leur éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel.

Les inculpés avaient été placés sous mandat d’arrêt le 6 juin 2008. Ils sont suspectés d’appartenir à une organisation terroriste et d’avoir apporté leur aide à une résurgence des Brigades rouges italiennes, le PCPM (parti communiste politico-militaire), qui préparait des attentats en Italie.

Quinze membres du PCPM avaient été arrêtés en février 2007. Lors d’une perquisition au domicile de l’un des suspects, les enquêteurs avaient trouvé des photos d’identité de Sassoye, Hormans, Fayoumi et Abdellah, sur lesquelles étaient collés des post-its écrits de la main de Sassoye. Cette découverte avait donné lieu à l’ouverture d’une enquête par le parquet fédéral belge, qui a abouti à l’arrestation du quatuor. Le dossier était déjà passé en chambre du conseil en mai 2011, mais il avait fait l’objet d’une remise, la défense ayant demandé des devoirs d’enquête complémentaires.

Le 11 juin 2008, la chambre du conseil de Bruxelles avait ordonné le maintien en détention de Bertrand Sassoye ainsi que la remise en liberté (barrée par un appel) de Wahoub Fayoumi, de Constant Hormans et d’Abdallah Ibrahim Abdallah. La chambre des mises en accusation confirmait cette mesure le 26 juin. Fin juillet 2008, Sassoye était toutefois remis en liberté. L’ex-CCC avait fêté la chose en trinquant à l’aide d’une bouteille de vodka en forme de Kalachnikov.

A l’époque, l’association d’extrême gauche, dont les sympathisants ont manifesté mardi, au parvis de Saint-Gilles, s’était dite victime d’une "criminalisation injuste". Rappelant avoir pour vocation le soutien de prisonniers "politiques", son porte-parole avait affirmé que l’organisation mettait la "solidarité de classe" en tête de ses priorités. De nombreux juristes avaient, à cette occasion, mis en cause la manière dont est utilisée la législation antiterroriste.

Pour rappel, dans la foulée des arrestations des quatre membres du "Secours rouge", le numéro un des CCC, Pierre Carette, avait, lui aussi, été jeté en prison, la justice considérant qu’il n’avait pas respecté les conditions mises à sa libération, en continuant à entretenir des contacts avec d’anciens complices, comme Sassoye. Carette avait été condamné à perpétuité, le 21 octobre 1988, pour 2 meurtres et 28 attentats, à leur remise en liberté. Il avait été libéré le 23 février 2003.

Le 18 juin 2008, le tribunal de l’application des peines estimait qu’on l’avait abusivement privé de sa liberté conditionnelle et Carette s’était donc retrouvé libre. Me France Blanmailland, conseil de Carette, avait fustigé l’amalgame avec le dossier "Secours rouge" et considéré que la justice avait instrumentalisé "avec une légèreté coupable, une législation (NdlR : la loi antiterroriste) faite pour être utilisée de manière très exceptionnelle". Le parquet avait renoncé in extremis à son pourvoi en cassation. Jean-François Legros, autre ancien truand passé au "Secours rouge", avait lui aussi été privé de liberté provisoire sous surveillance électronique, au motif que, comme Pierre Carette, il avait rencontré des ex-détenus, notamment Bertrand Sassoye, alors que cela lui était interdit. Il avait, comme Carette, fini par être rétabli dans ses droits.