Le président du SP.A, John Crombez, s’est positionné ce week-end en faveur du plan de contrôle de l’accueil des réfugiés en Europe proposé la semaine dernière par Diederik Samsom, président du parti travailliste néerlandais PVDA, ont souligné les quotidiens "De Morgen" et "De Standaard".

Le plan Samsom propose de renvoyer le plus rapidement possible tous les migrants partis de la Turquie pour entrer en Europe via une île grecque. Une proposition que l’homme politique néerlandais juge faisable, la Turquie étant en bonne voie pour obtenir le statut de "pays sûr". En échange, la proposition stipule que l’Europe pourra accueillir chaque année et légalement entre 150 000 et 250 000 migrants réfugiés en Turquie.

Une prise de position surprenante

"Je suis ravi qu’il y ait finalement un plan qui puisse contrôler l’afflux de migrants. Je soutiens ce plan." Cette déclaration faite sur le plateau de l’émission "De zevende dag" par le président du SP.A en a surpris plus d’un. Le parti socialiste flamand s’était jusque-là toujours montré réticent à des politiques de retour forcé des migrants.

La prise de position de John Crombez divise d’ailleurs le parti. L’une des grandes figures du SP.A, Louis Tobback, a ainsi déclaré que le plan Samsom est "en totale contradiction avec les idées des institutions européennes". L’ancienne ministre fédérale, Monica De Coninck, a quant à elle précisé que la Turquie n’était pas encore un pays sûr et qu’il fallait éviter toute politique de "push back" (refoulement, NdlR) .

John Crombez a cependant reçu le soutien de Johan Vande Lanotte - qui lui est proche - pour qui il est important de "gérer la problématique des réfugiés" .

Les portes se ferment, en Belgique aussi

A l’exemple de ce nouveau plan proposé par Diederik Samsom, les pays européens adoptent des mesures de plus en plus strictes dans l’espoir de limiter l’arrivée de réfugiés sur leur territoire : des contrôles renforcés aux frontières pour la Norvège, des bijoux confisqués pour financer les séjours au Danemark, un délai limité pour le regroupement familial en Suède, etc. La Belgique n’échappe pas à la tendance. Depuis plusieurs semaines maintenant, le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), ne manque pas d’imagination pour dissuader les futurs migrants de prendre la route vers la Belgique. Des campagnes de dissuasion ont ainsi été lancées sur Facebook afin de dissuader les jeunes Afghans et Irakiens de partir.

A peine inscrits à l’Office des étrangers, les migrants sont informés des possibilités mises à leur disposition pour retourner de manière sûre vers leur pays d’origine. Ces voyages, organisés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et Fedasil, promettent aux migrants une prise en charge qui vise à les réintégrer dans leur pays d’origine.

Ces "retours volontaires" semblent avoir de plus en plus de succès depuis le mois de septembre. Lundi matin, une centaine d’Irakiens ont ainsi fait le choix de retourner vers Bagdad. Pour la première fois, un avion complet a été affrété pour ces rapatriements. Parmi eux, des demandeurs d’asile déboutés mais également des migrants en cours de procédure, "déçus par l’accueil" annonce Katrien Jansseune, porte-parole du secrétaire d’Etat à l’Asile.