Ala lumière des entretiens qu’ils ont menés, que pensent Olivier Servais et Anne Baudaux du décret inscriptions ? "Tous les acteurs, et particulièrement les parents, considèrent qu’une des valeurs centrales c’est l’interprétation qu’ils font de la liberté scolaire , affirme Olivier Servais. Pour eux, la liberté scolaire, c’est la liberté du choix d’établissement. Chaque enfant est différent. Donc, qui mieux qu’un parent, au départ en tout cas, connaît son enfant pour choisir une école." Et Anne Baudaux d’enchérir : "D’ailleurs, les enseignants et directeurs n’approuvent absolument pas ce décret inscriptions. Souvent, la solidarité que peuvent ressentir les parents de la part des enseignants et surtout de la direction autour du décret est vécue très positivement." Pour Olivier Servais, "il y a vraiment un refus de l’égalitarisme : ‘on va traiter tout le monde de la même manière.’ Non, car tous les enfants sont différents. On le fait bien pour l’enseignement spécialisé, mais, en fait, on doit le faire pour tous. Il y a donc nécessité de la diversité scolaire et de l’autonomie pédagogique (par rapport au monde politique)."

Quid de l’objectif de mixité sociale du décret qui prévoit que chaque école puisse accueillir 20 % d’élèves Isef (Indice socio-économique faible) ? "La plupart des parents sont favorables à une diversité scolaire tant qu’elle n’est pas un frein pour leur enfant , rapporte M. Servais. Il faut donc une vraie diversité et pas une fausse diversité où on va avoir ces petits quotas de ‘minoritaires’. Et cela, on ne peut pas l’imposer; cela doit être mis en œuvre dans les projets d’école. Dans l’imaginaire des parents, le directeur apparaît comme une figure symbolique, celle qui insuffle à l’école son esprit. Pour pouvoir construire et maintenir vivace un véritable projet d’établissement, les directeurs ont besoin d’autonomie, notamment pour recruter leur équipe."