Discrètement niché entre de larges bandes de feuillus, tourné vers Koekelberg et la capitale, abrité par la quiétude du parc Royal, le Stuyvenberg, château où vivait la reine Fabiola, connaît bien les soubresauts politiques et les aventures de la famille royale.

C’est en 1840 ou 1850 (selon les historiens) qu’il arrive dans le giron de celle-ci pour accueillir, raconte l’histoire, Arcadie Claret, maîtresse du roi Léopold I.

Du roi à la politique

Intégré à la Donation royale à la mort de Léopold II, il héberge dès 1929 le roi Léopold III et son épouse Astrid. C’est ainsi que le roi Baudouin et le roi Albert y naquirent, avant que le bâtiment ne soit laissé vide, Léopold III s’installant au chateau de Laeken, à quelques centaines de mètres de là.

De 1951 à 1965, la reine Elisabeth reprit place dans la villa. A son décès, le Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères s’emparèrent des rênes du château pour y recevoir des hôtes de marque. Le Pacte du Stuyvenberg, petit frère du Pacte d’Egmont y fut également et largement négocié en 1978.

La suite fut plus calme pour le Stuyvenberg, puisque depuis 1999, c’était la reine Fabiola qui y avait élu domicile.

L’avenir est très ouvert

Intégré à la Donation royale, et considéré aujourd’hui comme une résidence royale, le Stuyvenberg est donc mis à la disposition du Roi et de sa famille.

Selon son statut cependant, il pourrait très bien être réutilisé par le gouvernement. "Tout dépend de ce que vont décider les différentes institutions, explique Pierre-Emmanuel De Bauw, le directeur de la communication au Palais royal. Dans les prochains mois, le Roi, le ministre des Finances et le président du conseil d’administration de la Donation royale s’attableront pour statuer sur l’avenir du Stuyvenberg. Vous imaginez cependant que rien n’est encore décidé, et que la résidence ne sera pas vidée du jour au lendemain".

Au Palais, la discrétion est également de rigueur concernant le personnel employé par la reine Fabiola. "Ils recevront les indemnités légales pour cessation d’activité, il n’y aura pas de problèmes sociaux les concernant. Nous ne tenons par ailleurs pas à préciser l’importance de ce personnel, cela relevait des choix privés de la Reine."

Si la Donation royale et donc le Stuyvenberg ne coûtent rien au contribuable (les bénéfices issus de la gestion de ce patrimoine lui permettent de faire face à toutes les dépenses), le personnel de la Reine était rémunéré par la dotation qui lui était allouée, et qui s’élevait, en 2014, à 461 500 euros.