Les enquêteurs et les juges d'instruction ont rapporté, mardi, qu'il avait fallu ordonner une perquisition chez Richard Remes (57) pour que celui-ci ouvre enfin la porte de son appartement. L'homme, appelé le "vitrioleur", est accusé de tentative d'assassinat sur son ex-maîtresse, Patricia Lefranc (45), en décembre 2009. Il lui avait jeté de l'acide sulfurique en plein visage.

Il avait fallu faire appel à un serrurier, le soir du 1er décembre 2009, pour que Richard Remes, suspecté immédiatement, daigne enfin ouvrir la porte de son appartement. Les policiers avaient sonné plusieurs fois durant l'après-midi chez celui-ci, en vain.

Au cours de la perquisition, les enquêteurs avaient découvert la bouteille d'acide sulfurique qui avait servi pour agresser Patricia Lefranc.

Le suspect présentait également une brûlure au niveau de la main droite. Lundi, lors de son interrogatoire, celui-ci avait expliqué qu'il s'était effectivement brûlé au contact des vêtements de Patricia Lefranc, imprégnés d'acide, après qu'il l'ait agressée.

Il avait subi deux interventions chirurgicales pour des greffes de peau, plus tard, au service des grands brûlés de l'Hôpital militaire Reine Astrid de Neder-over-Heembeek.

Les faits s'étaient déroulés en début d'après-midi le 1er décembre 2009, dans l'immeuble où résidaient la victime comme l'accusé, avenue du Sippelberg à Molenbeek-Saint-Jean.

Richard Remes avait usé d'un subterfuge pour faire descendre Patricia Lefranc dans le hall de l'immeuble. Lorsqu'elle était descendue de l'ascenseur, son ancien amant l'attendait et lui avait aspergé le visage et tout le haut du corps d'acide sulfurique, anciennement appelé vitriol.

Patricia Lefranc avait pu être secourue par les employés d'une société voisine de son immeuble. Après avoir souffert le martyr durant de longues minutes, la peau rongée par le produit hautement corrosif, celle-ci avait été hospitalisée au service des grands brûlés de l'Hôpital militaire de Neder.

Elle avait pu dire aux premiers témoins: "c'est Richard". Le lien avait alors immédiatement été fait avec Richard Remes, son ex-amant, de qui elle se plaignait à ses proches, lui reprochant de la harceler.

Patricia Lefranc avait été plongée dans le coma durant 3 mois avant de se réveiller avec de graves séquelles physiques.

L'audition des enquêteurs et des juges d'instruction se poursuivra mardi après-midi et également mercredi où la confrontation filmée de l'accusé et de la victime sera diffusée à l'audience.

L'audition de la victime, elle, sera déplacée de mercredi à jeudi ou vendredi.