Alors qu'il avait annoncé qu'il réagirait à Pâques à l'interview accordée à VT4 par l'ancien évêque de Bruges Roger Vangheluwe, qui a reconnu en direct avoir abusé d'un deuxième neveu, l'archevêque de Malines-Bruxelles, André-Joseph Léonard, s'est borné à qualifier l'interview de "choquante".

"Lors de la messe des Rameaux à Louvain-la-Neuve et à Malines, lors du poignant chemin de croix à Koekelberg et à chacune des messes chrismales, à Malines, à Bruxelles et à Nivelles, j'ai évoqué, une fois de plus, les scandales qui ont éprouvé récemment l'Eglise de Belgique et ravivé les blessures des victimes, le dernier de ces scandales étant l'interview choquante accordée à une chaîne de télévision, le 14 avril dernier, par l'ancien évêque de Bruges. Je n'y reviens plus dans cette homélie de Pâques", a déclaré l'archevêque durant la messe de Pâques à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule.

André-Joseph Léonard a préféré se réjouir de la contribution de l'Eglise de Bruxelles à la bonne entente communautaire.

Vendredi, durant le chemin de croix organisé à Koekelberg, un des cris de douleur poussés à chaque étape du chemin est en effet venu des communautés flamande et francophone réunies.

"L'Eglise de Malines-Bruxelles n'a de leçons à donner à personne, mais elle est heureuse et fière de montrer que, aujourd'hui encore, il est possible en Belgique de respecter la langue et d'aimer la culture de ses voisins et de fraterniser en profondeur", a-t-il souligné.

"un ton de vacancier détendu gravement inconvenant"

"N'aurait-il pas dû présenter des excuses claires aux victimes de ses actes? Il l'a fait au début mais c'était, en quelque sorte, contredit par son attitude générale. Son langage corporel était gravement inconvenant", estime le prélat. L'archevêque réfute être resté silencieux. Il juge avoir fait passer son message pendant les célébrations précédant Pâques. "Mon silence n'existait donc qu'au niveau des médias. Je voulais surtout éviter que la Semaine Sainte se passe toute entière en interviews et en déclarations", explique-t-il. Mgr Léonard défend le secret de la confession et son caractère absolu. "Quand un confesseur entend un aveu de faute qui peut avoir un retentissement sur une personne, il ne doit accorder l'absolution que sous la condition expresse que la personne mette fin à son comportement. Et en cas de faute grave pouvant avoir des conséquences graves à court terme, il doit lui imposer de se dénoncer lui-même". André-Joseph Léonard n'exclut pas que l'ancien évêque puisse être réduit à l'état laïc, peut-on lire sur le site internet de la RTBF. "Un choix possible, mais pas le seul", selon l'archevêque qui rappelle que Roger Vangheluwe "deviendrait ainsi un électron libre sur lequel on ne peut plus exercer de contrôle". Mgr Léonard défend cependant le principe de la prescription, tant dans le droit séculier que dans le droit canonique, et estime que Roger Vangheluwe a déjà été lourdement sanctionné par sa démission "sans pouvoir faire ses adieux".