Belgique

En réaction au bilan du projet pilote Gaudi visant à rapatrier les personnes sans papiers interpellées pour des vols, les bourgmestres MR des communes francophones concernées se sont montrés favorables mercredi à une systématisation de ces procédés et à un élargissement à d'autres types de délits. Du côté du PS, les bourgmestres soulignent que la police renvoie déjà les personnes sans papiers interpellées pour des délits vers l'Office des étrangers. Cette initiative du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), et du secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, (N-VA également), menée du 11 décembre au 18 janvier, a conduit au rapatriement de 70 personnes sur les 542 interpellations effectuées, dont 153 à Bruxelles-ville.

Le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS), a souligné que l'impression de fermeté donnée par ce projet-pilote masque des incohérences dans la politique migratoire.

"Je n'ai pas envie d'en arriver à participer à des rafles. (...) Si je suis favorable à la logique des sanctions, il est compréhensible que des gens qui restent ici sans qu'on leur donne un statut en arrivent à se servir comme ils peuvent pour survivre. On fait beaucoup de +musculation+ sur cette affaire, alors qu'en fait elle cache une autre réalité qui est celle de la gestion des personnes sans-papiers dans notre pays", a affirmé M. Mayeur.

En réaction à la diminution du nombre de demandeurs d'asile en Belgique, des centres ont été fermés en Flandre et en Wallonie.

"Je pense que cela traduit une volonté du gouvernement fédéral - celui-ci comme le précédent - de maintenir une centralisation des personnes en situation irrégulière à Bruxelles", a poursuivi M. Mayeur.

Selon lui, "les Bruxellois n'ont pas à assumer seuls les responsabilités de la Belgique en matière de solidarité internationale". "Je demande la fermeture du Petit château, qui devient d'ailleurs problématique à cause de divers trafics", a-t-il encore dit.

À Liège, 78 procès-verbaux ont été rédigés et une seule personne a été placée dans un centre fermé. Le bourgmestre, Willy Demeyer (PS), a souligné que les mesures préconisées par le gouvernement fédéral n'ont pas eu d'incidence particulière au niveau de la police locale, car celle-ci appliquait déjà ces recommandations au quotidien.

La porte-parole de l'Office des étrangers, Dominique Ernould, explique en effet que le projet Gaudi a consisté à améliorer les suites accordées par ses services aux interpellations par la police de sans-papiers en cas de vol. Une fois la procédure judiciaire traitée, certaines sont fréquemment relaxées avec un ordre de quitter le territoire, faute de place disponible. Des places ont été réservées afin que les personnes interpellées qui entrent dans le cadre d'une expulsion soient plus systématiquement placés en centre fermé et plus rapidement rapatriées.

Le bourgmestre de Braine-l'Alleud, Vincent Scourneau (MR), a jugé cette opération très positive. Il a suggéré qu'elle soit reconduite avec un élargissement de son champ à des infractions autres que les simples vols, et sur une période plus longue. Lors de la période déterminée, environ cinq personnes en situation illégale ont été interpellées, mais elles n'entraient pas dans le cadre du dispositif en raison des circonstances aggravantes constatées pour les délits commis. Elles ont directement été déférées devant la justice.

A Molenbeek-Saint-Jean, il y a eu durant la période déterminée vingt arrestations, suivies de six placements en centre fermé, avec trois expulsions d'ores et déjà effectuées. La bourgmestre de la commune, Françoise Schepmans (MR), a proposé un élargissement au trafic de drogues et au recel d'objets volés qui influencent fortement la vie de certains quartiers molenbeekois, car ce type de délinquance est, selon elle, notamment le fait de personnes en séjour irrégulier.

A Charleroi, aucune réaction n'a été enregistrée.