première

Tous les cours organisés dans l’enseignement de la Communauté française possèdent un référentiel de compétences, c’est-à-dire la base légale, approuvée par le Parlement, sur laquelle sont rédigés les programmes et est mené le travail de l’inspection. Tous sauf les cours de religion et de morale.

Dans son mémorandum en vue des élections communautaires de 2009, le Conseil consultatif supérieur des cours philosophiques (CCSCP) avait réclamé de tels référentiels. Mais les partis de la majorité ne parviennent pas à s’accorder sur la manière de recevoir ces référentiels. Et ce, même si diverses pistes ont été envisagées comme la création d’un "Comité d’universitaires" chargé de juger de la conformité des référentiels des cours de religion avec les décrets "missions" et "neutralité".

Devant cette impasse, les responsables des cinq cours de religion (catholique, islamique, israélite, orthodoxe et protestante) ont décidé de prendre la main et de déposer officiellement des référentiels de compétences. Une première ! Ils les ont présentés vendredi lors d’un colloque sur les "Enjeux communs aux cours de religion".

L’occasion également de présenter un référentiel de compétences communes à l’ensemble des cours philosophiques. Celles-ci s’articulent autour de trois axes : la pratique du questionnement philosophique, le dialogue interconvictionnel, et la citoyenneté abordée sous l’angle philosophique et théologique. Car ici non plus le gouvernement n’a pu dégager un consensus.

Alors que la ministre Simonet (CDH) a lancé le projet de créer un tronc commun aux cours de religion et de morale, les représentants du CCSCP ont rappelé que "sur le terrain, des activités communes visant l’éducation civique existent déjà, dans le cadre des décrets "missions" et "citoyenneté"". Néanmoins, "il revient au politique de mettre en place les modalités d’application via un décret", ont-ils appelé de leurs vœux.