Donc, dans pile un an, le dimanche 14 octobre 2012, l’heureux citoyen de Belgique se rendra aux isoloirs des élections communales et (sauf à Bruxelles) provinciales. Pour la deuxième fois, ce sont les Régions qui en sont les gentilles organisatrices. L’occasion, d’ores et déjà, de se mobiliser dans les administrations ad hoc.

S’agissant de la Wallonie, une clarification s’impose d’emblée à propos du type de vote, papier ou électronique. C’est que le sujet y est devenu un certain foutoir. Dans un premier temps, le gouvernement wallon a renoncé, pour des raisons budgétaires assez évidentes, à développer une alternative au vote électronique actuel qui consisterait entre un système mixte entre ancien (vote sur papier) et nouveau (enregistrement par stylo électronique). Là-dessus, on a annoncé un recours généralisé au vote papier pour les prochaines élections locales, y compris pour les entités qui pratiquaient jusqu’ici l’électronique. Il y en a 39, sur les 262 wallonnes. Des protestations y ont grandi. Ajoutons : il n’est pas impossible que quelque lobby privé de firmes intéressées s’y soit déployé.

Bref, le 1er septembre dernier, le gouvernement wallon a fait machine arrière, laissant aux "communes électroniques" le droit de le rester. A la condition expresse que les communes candidates prennent elles-mêmes en charge la différence entre le coût du vote papier (pour la partie prise en charge par la Région) et celui du vote électronique. On évalue cette charge à quelque 2 millions d’euros, sans préjudice de remise à jour plus lourde de certains matériels.

Cette belle unanimité permet d’éviter que, pour l’élection provinciale, des communes du même canton veuillent voter de manières différentes N’empêche, avec les contraintes financières, elle peut étonner. A quoi l’attribuer ? L’argument le plus entendu, répond Paul Furlan, le ministre wallon (PS) des Pouvoirs locaux, c’est : "On a pris l’habitude, on ne veut plus en changer." Même si le ministre estime que leur choix n’est pas le bon. Non pas que lui, personnellement, soit en soi opposé au vote électronique, mais parce que "le système électronique actuel est obsolète".

Pour le reste, une campagne de communication est en préparation. Paul Furlan : "C’est l’évolution de la société Il faut de plus en plus sensibiliser et motiver le citoyen à aller voter, même si c’est par des élections communales qu’il se sent le plus concerné." Avec logo, mise en place d’un site (elections2012.wallonie.be), brochure "dico" toutes-boîtes, courrier personnalisé aux non-Belges, agendas pour rhétoriciens Histoire d’informer sur les élections, mais aussi sur les changements à venir dans la vie politique locale en Wallonie.

Pour rappel, quelques retouches vont, en effet, être apportées aux réformes de la précédente législature : l’exercice du vote de méfiance collective sera limité à deux fois sur la législature; la sanction pour un élu qui renonce à devenir ou rester bourgmestre (ne pas pouvoir être échevin) ne sera plus applicable qu’aux seuls trois premiers candidats de la liste concernée par le maïorat (la plus importante de la majorité); un conseil communal pourra confier sa présidence à un élu autre que le bourgmestre Et des innovations viseront à renforcer la démocratie participative : notamment un droit d’interpellation du citoyen, une organisation facilitée de consultation populaire, la possibilité d’assister aux AG d’intercommunales, une réglementation des pratiques des bulletins d’information officiels. On ne manquera pas d’y revenir, à mesure que les deux projets de décret porteurs de ces changements passeront les caps gouvernemental puis parlementaire.