Plus personne n’ose parier un euro sur la date à laquelle la Belgique ratifiera - enfin… - la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales. Si cela traîne tant, c’est que cette ratification permettrait de reconnaître les francophones de Flandre comme une minorité, ce que le Nord du pays refuse.

Des arguments datant de… 2001

A l’occasion de l’adoption, jeudi à Genève par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, de son deuxième Examen périodique universel, la Coalition des associations francophones de Flandre (CAFF) qui regroupe six associations représentatives de 310.000 francophones (dont ceux de la périphérie de Bruxelles et des Fourons) rappelle avec force qu’il y a là un réel déni de démocratie. En janvier dernier, la Belgique avait laissé en suspens 35 recommandations, dont celles de la Suisse et de la Hongrie de ratifier précisément la Convention-cadre.

"La Flandre qui ne veut à aucun prix entendre parler de minorité francophone sur son territoire, conduit la Belgique à se discréditer sur la scène internationale !" , s’exclament les francophones de Flandre. Et de faire remarquer que les instances fédérales s’appuient sur les arguments de la Flandre formulés en 2001 par rapport auxquels elles avaient pris leurs distances depuis lors. Avec des réserves à propos de la primauté des dispositions internes sur la Convention-cadre. Et depuis lors, il y a eu en 2002 le rapport Nabholz et la Résolution 1301 du Conseil de l’Europe qui a désigné les minorités nationales à protéger. A savoir "la population francophone établie en Région flamande et la population néerlandophone établie en Région de langue française" . Les francophones de Flandre notent enfin que pour l’ONU, la reconnaissance d’une minorité ne relève pas que de l’Etat. "L’existence de minorités doit être établie selon des critères objectifs. Tout doit être fait pour garantir le respect du principe d’autoidentification."