Les Guides et Scouts d’Europe de Belgique (GSEB) adressent une lettre ouverte à Jérôme Walmag, le président de la Fédération des scouts qui avait considéré dans un entretien à "La Libre" (20/4) qu’ils n’étaient pas des scouts. L’équipe des commissaires généraux mais aussi plusieurs responsables musulmans des GSEB constatent qu’un tel raisonnement amènerait à ne pas considérer les protestants comme des chrétiens car ils "en utilisent les méthodes sans en partager les objectifs" Et revenant à l’interview, ils demandent à Jérôme Walmag comment ils sont censés réagir au fait qu’ils ne feraient pas du scoutisme. "D’autant plus que l’organisation mondiale ne reconnaît qu’une seule association par pays, dont vous faites partie et dont vous nous avez toujours tenu écartés. C’est donc vous qui avez en main les moyens de faire cesser cette discrimination. Vous ajoutez : c’est un club de chrétiens incapables d’accueillir des unités musulmanes dans leur structure, même s’ils en prônent la création. Euh oui, nous sommes chrétiens. Sans fausse honte. En cela, nous nous voulons les disciples du chanoine Cornette et du Père Sevin. Ce dernier fonda le scoutisme français à Mouscron." La lettre rappelle que ce jésuite prit comme emblème la croix de Jérusalem, "symbole de l’universalité de la Rédemption, avec la fleur de lys du scoutisme anglais . Bientôt béatifié, l’auteur du "cantique des patrouilles" présentait comme essentiels l’intégration de ce scoutisme catholique dans l’Eglise, et son enracinement dans l’Evangile par la Loi, la Promesse, et la façon de mettre les scouts non pas en relation avec des idées mais avec un Jésus vivant" . Mieux : Baden-Powell a dit que "la meilleure réalisation de (sa) pensée est ce qu’en fit un religieux français".

Les GSEB rappellent aussi qu’ils ont contribué à créer des unités musulmanes en Belgique. "Nous continuons à les aider dans leur développement. Ainsi, leurs animateurs se forment dans nos camps de formation avec nos "chrétiens" en pleine fraternité, mais sans confusion. Certains sont d’ailleurs signataires de ce billet et savent bien que si nous ne pouvons les accueillir dans notre structure qui est chrétienne, ils pourront toujours compter sur notre fraternelle aide scoute. Qui peut prétendre avoir le droit de labelliser ce qui est scout ou pas ?" La lettre se conclut par un (nouvel) appel au dialogue "au nom de la fraternité scoute"