Ne ricanez pas trop vite L’union peut encore faire la force. Ce ne sont pas les premiers venus de la planète médiatique qui le disent mais les très sérieux historiens contemporanistes nationaux. Ils ont en effet décidé de fusionner la ci-devant "Revue belge d’histoire contemporaine", lancée à la fin des années 1960 autour du Pr gantois Jan Dhondt, et les "Cahiers d’histoire du temps présent" nés dans le giron du Centre Guerre et sociétés contemporaines. C’est du "win-win" à tous les étages : la RBHC garde son nom alors qu’elle sera désormais publiée par le Centre d’études et de documentation Guerre et sociétés contemporaires. Mais surtout, tout en se focalisant sur l’histoire de la Belgique de 1830 à nos jours étudiée par la crème de la crème de nos disciples de Clio, elle veillera à faire mieux connaître nos productions scientifiques à l’étranger tout en accueillant les travaux d’historiens étrangers. Qui viennent parfois de très loin C’est ainsi que le numéro un de la nouvelle cuvée de la RBHC comporte un article sur la grève - exemplaire - menée en 1970 à l’usine Michelin à Leeuw-Saint-Pierre. Son auteur, Dongkuy Shin est de nationalité coréenne (du sud). Chercheur post-doctoral au Centre d’histoire et de sociologie des gauches à l’ULB, il connaît très bien le terreau des luttes sociales belges et les problèmes d’intégration entre travailleurs d’ici et ceux issus de l’immigration. La nouvelle revue entend aussi s’immerger dans les grands débats. Comme celui jamais totalement clos autour de la personnalité contestée de Patrice Lumumba. Ici encore, c’est de l’original et du neuf qui sont mis en avant dans un article d’Anne-Sophie Gijs, qui réalise à l’UCL, sous la direction de Vincent Dujardin, une thèse de doctorat sur la Belgique et l’anticommunisme au Congo entre 1945 et l’indépendance. L’éclectisme de la RBHC a amené son équipe de rédaction à y insérer aussi une étude de Carmen Van Praet, une chercheuse gantoise sur un des rares industriels allemands à avoir investi en Belgique pendant la Seconde Guerre, alors que la quatrième contribution porte sur Leopold Flam, qui joua un rôle décisif dans l’évolution de l’apprentissage de l’histoire dans l’enseignement flamand de l’Etat. Cette grande diversité de sujets sera la marque de fabrique de la revue qui ne comporte cette fois que des recherches sur le XXe siècle, mais le trio éditorial, composé de Bruno De Wever, de Chantal Kesteloot et de Nico Wouters, compte sur la rédaction qui réunit des chercheurs travaillant sur la période de la fin du XVIIIe siècle à nos jours pour élargir le cadre et pour faire de la revue le carrefour de "ceux qui en Belgique et ailleurs marquent leur intérêt pour l’historiographie académique et les débats de société autour de notre passé récent". Particularité de la revue : elle sera bilingue trois numéros sur quatre mais le quatrième numéro annuel sera publié en anglais sous le titre de "Journal of Belgian History" afin de faire le point à destination du public anglo-saxon mais aussi anglophone en général sur ce qu’on fait de mieux en la matière. Enfin, la RBHC dispose d’un site web (www.journalbelgianhistory.be) qui sera nourri progressivement des articles actuels et antérieurs des deux revues, en faisant un lieu incontournable pour les passionnés de l’histoire actuelle de notre pays

Rens. : Willem Erauw, square de l’Aviation, 29, 1070 Bruxelles; tél. : 02/556.92.11 ou jbh-admin@cegesoma.be