Un des volets du baromètre social de la Wallonie interroge les valeurs des citoyens, leur degré d’ouverture ou de tolérance. C’est notamment la première fois que la question relative au poids de l’immigration est posée dans ce genre d’enquête au niveau d’une région.

Et manifestement, le poids de l’immigration n’est pas perçu correctement. A la question qui leur a été posée : "En Wallonie, si vous deviez estimer le pourcentage de la population immigrée (il s’agit des personnes nées en dehors de la Belgique), à combien s’élèverait ce chiffre ? (en %)", les citoyens estiment en moyenne à 26 % le pourcentage de la population immigrée. Deux personnes sur cinq (43 %) estiment que le pourcentage d’immigrés est supérieur à 25 %, une personne sur trois (32 %) le situe entre 13 et 25 % et une personne sur quatre considère qu’il est inférieur à 13 %. A titre d’illustration, on relèvera qu’1 Wallon sur 12 estime que les immigrés représentent plus de 50 % de la population wallonne résidente.

Plus les citoyens ont une représentation importante de la proportion des immigrés en Wallonie, plus leur attitude défavorable par rapport à l’immigration s’accentue. A titre d’exemple, en Wallonie en 2012, 68 % des citoyens estiment (plutôt d’accord à tout à fait d’accord) que les immigrés sont une charge pour la sécurité sociale du pays. Lorsque les citoyens ont une représentation du pourcentage d’immigrés qui est proche de la réalité (moins de 13 % d’immigrés en Wallonie), on constate alors que leur perception à l’égard des immigrés est moins défavorable : de 68 %, ils sont 48 % à considérer que les immigrés sont une charge pour la sécurité sociale du pays. "Certains ont l’image de vagues complètes d’immigration qui les envahissent. Beaucoup confondent immigration et personne d’origine étrangère. La perception wallonne n’est pas une exception, c’est comme cela partout en Europe", conclut Sébastien Brunet.