Les centaines de migrants accueillis en ce moment chez des particuliers grâce à l’initiative de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés pourront bientôt être logés dans un bâtiment bruxellois jusqu’à la mi-novembre.

Les diverses associations de terrain qui viennent en aide aux migrants présents autour de la Gare du nord de Bruxelles et du parc Maximilien mettront bientôt à disposition des migrants un bâtiment privé. “Ce dernier est situé dans le centre de Bruxelles”, explique Pierre Verbeeren, directeur de Médecins du monde, sans pour autant donner plus de précision.

Il s’agit de répondre en urgence, avec l’aide des pouvoirs communaux et régionaux, au manque d’initiatives d’accueil de la part du fédéral qui refuse la création d’un centre d’accueil et d’orientation (CAO) pour les migrants.

Un bâtiment qui servira aussi lors du plan hiver

Le bâtiment, dont l’adresse ne nous a pas été communiquée, est en train d’être aménagé pour pouvoir accueillir “environ 300 personnes”, confirme Mehdi Kassou, qui coordonne la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Des sanitaires seront également installés afin que le bâtiment puisse ensuite être utilisé à nouveau lors du plan hiver qui débutera le 15 novembre prochain. “Mais nous n’en sommes pas encore certains”, précise Pierre Verbeeren. Cet accueil sera certes de courte durée mais permettra à ces personnes, principalement des hommes d’origine africaine, de pouvoir bénéficier d’un lit, de nourriture et de sanitaires.

La région bruxelloise financera le personnel

La ville de Bruxelles avait tout d’abord comme objectif de rouvrir le WTC II, tout proche du parc Maximilien et qui avait déjà servi à l’accueil de plusieurs centaines de demandeurs d’asile lors de la crise de l’accueil à l’été et l’automne 2015. “Après plusieurs négociations entre les la Ville et les acteurs de terrain, l’idée a toutefois été abandonnée”, explique Pierre Verbeeren.

“Il fallait pour cela réinstaller à nouveau des sanitaires pour une courte période avant de les désinstaller à nouveau. Permettre le logement en urgence dans cet autre bâtiment est plus judicieux car celui-ci servira par la suite lors du plan hiver”, précise Mehdi Kassou.

Outre le monde associatif et les pouvoirs locaux, la région bruxelloise intervient également et financera le personnel présent dans le futur bâtiment. “Si le financement accordé par la région est trop faible, l’associatif pourra prendre le relais, notamment en ce qui concerne l’alimentaire”, continue le responsable de la plateforme citoyenne. De nombreux groupements citoyens et des associations continuent en effet chaque jour à distribuer des repas aux migrants.

Palier au manque de centre d’accueil et d’orientation

La mise à disposition du bâtiment dédié au logement des migrants vient palier au manque de centre d’accueil et d’orientation (CAO), tant réclamé par les associations d’aide aux étrangers et par les communes de Bruxelles et Schaerbeek mais pourtant refusé par le fédéral.

L’ouverture prochaine de ce logement mais également, la mise en place d’un “hub humanitaire” à destination des migrants vient palier ce refus. 

Outre l’aspect du logement,ces personnes en détresse peuvent en effet désormais profiter d’un “hub humanitaire”, présenté ce vendredi à la presse. Situé à quelques centaines de mètres du parc, il s’agit d’un ancien bâtiment de la Ville de Bruxelles, dans lequel sept organisations regroupent leurs divers services d’aide humanitaire. Médecins du monde y organisera ses consultations, les suivis de grossesse, les dépistages mais aussi les vaccinations. Oxfam solidarité fera appel à son réseau de vêtements de seconde main que l’organisation mettra à la disposition des migrants. Le Ciré, Vluchtelingenwerk Vlaanderen ainsi que la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés s’axeront principalement sur l’aide juridique. Médecins sans frontières apportera son expertise psychologique. Enfin, la Croix-Rouge leur assurera un réseau Wi-Fi et des bornes de recharges pour leur téléphone mais leur permettra également d’accéder à leur service de “tracing” qui leur permettent de retrouver les membres d’une même famille.

Ce nouvel espace, situé aux numéros 31, 33 et 35 de la rue Frontispice à Bruxelles, est ce que l’on appelle un lieu sanctuarisé. “Il s’agit d’un espace sécurisé où les migrants ne pourront se faire contrôler par la police. Nous en avons leur garantie”, explique le directeur de Médecin du monde. Le fait de ne pas pouvoir mener d’interpellations policières a pour objectif de recréer de la confiance entre les migrants et les organisations qui leur viennent en aide.

Une fois que le bâtiment destiné au logement sera prêt, le “hub” humanitaire fera ses bagages pour s’y installer. “Tout sera alors centralisé dans un bâtiment”, nous confirme Pierre Verbeeren.