Les ministres communautaires en charge de l'aide aux détenus, Evelyne Huytebroeck, Jo Vandeurzen et Brigitte Grouwels, vont écrire à la ministre de la Justice Annemie Turtelboom afin que les SAD (services d'aide aux détenus) puissent reprendre leur travail à la prison de Forest, a annoncé lundi Mme Huytebroeck. Les SAD n'ont plus accès à la prison de Forest depuis le déclenchement il y a six semaines d'une grève du zèle des gardiens, qui dénoncent la surpopulation et l'état de vétusté de l'établissement.

Ces services contribuent au suivi psycho-social des détenus, aux activités socio-culturelles et de formation. Une de leurs missions primordiales est l'accueil des détenus à leur arrivée dans le monde carcéral, ainsi que les contacts avec la société extérieure en vue de leur réinsertion.

"Priver les détenus de leurs droits sociaux, c'est leur infliger une double peine après la privation de liberté", souligne Cécile Plas, directrice du SAD Bruxelles II. "Le plan de reclassement des détenus est indispensable pour réduire la récidive, dont le taux est déjà énorme", ajoute Benoît Englebert, président de la Fédération bruxelloise des institutions pour (ex-)détenus.

Ils déplorent l'absence d'accord entre les syndicats et la ministre Turtelboom, ainsi que l'image parfois négative que les gardiens ont de leur présence dans le monde carcéral. Les SAD en appellent à la concertation fédéral-entités fédérées.

Au-delà, "nous considérons que le durcissement des conditions de détention et le 'toujours plus' au sécuritaire n'est pas une réponse adéquate à la problématique de la criminalité", relève Alain Wiame, directeur du SAD de Bruxelles I.