L’Exécutif des musulmans de Belgique, l’organe représentatif du culte musulman auprès de l’Etat belge, va-t-il enfin trouver son rythme de croisière ?

En mars 2014, tous les espoirs étaient permis. Après des années de mauvaise gestion et de luttes intestines, l’EMB élisait Noureddine Smaili. Mais voilà, à son tour, ce Verviétois se cassa les dents sur la diversité de la communauté musulmane en Belgique, incapable qu’il fut de rassembler ou de représenter les siens. Soumis à des pressions internes, à des critiques externes, poussé par certains vers la sortie, Noureddine Smaili finit par remettre sa démission.

Au cœur des tensions

Ce lundi, de ce fait, les membres de l’Exécutif confirmèrent l’élection de son successeur en la personne de Salah Echallaoui. Le nom de cet inspecteur des professeurs de religion islamique en Fédération Wallonie-Bruxelles est connu. Membre de l’Exécutif depuis longtemps, il est également à la tête du Rassemblement des musulmans de Belgique (RMB), une association qui travaille de concert avec les autorités de Rabat pour accroître en Belgique l’influence d’un islam "à la marocaine".

Homme du sérail donc, Salah Echallaoui connaît bien les rouages de sa communauté, et beaucoup voient en lui un homme influent et intelligent, capable d’apporter de la stabilité à l’Exécutif, à défaut d’y insuffler un réel esprit de nouveauté.

Pacifier son institution sera en tout cas son grand défi. A la suite d’une année 2015 qui attira les projecteurs sur la communauté musulmane, les tensions ne cessèrent d’y croître, et des positions parfois très antagonistes entre les origines, les courants théologiques ou les générations s’y renforcèrent. Et cela, sans oublier que l’Etat belge compte désormais énormément sur l’Exécutif pour l’aider à lutter contre la radicalisation, et que des dossiers d’importance (formation des imams, reconnaissance des mosquées) l’attendent déjà sur son bureau.