Le tribunal de police de Charleroi a acquitté un automobiliste car le juge a estimé que les policiers ne pouvaient se faire justice en verbalisant. Le procès-verbal dressé à l'encontre du conducteur n'a pour le juge "aucune force probante" car "il résulte clairement que les deux verbalisants ont été personnellement concernés par les agissements qu'ils imputent au prévenu", peut-on lire mercredi dans La Dernière Heure et De Morgen. L'automobiliste, un homme de 39 ans originaire de Waterloo, avait suivi et été suivi, sur une distance de 22 kilomètres, sur l'autoroute A54 Nivelles-Charleroi, par un véhicule de la police fédérale de la route.

Les policiers avaient notamment relevé que le conducteur n'avait pas respecté la distance minimale de sécurité derrière leur véhicule. Ils avaient dressé un P-V pour "distance de sécurité dangereuse" et "incitation à vitesse excessive". Ils avaient rajouté, pensant que le juge en tiendrait compte, des annotations comme "ce conducteur a un ton hautain (...) Il nous regarde avec un large sourire."

L'automobiliste, qui s'était vanté devant les policiers d'être un "spécialiste pour contester les P-V", a refusé de payer la transaction proposée par le parquet. Il a finalement été acquitté par le tribunal de police.

Une même décision d'acquitter a été prise pour le même motif le 26 octobre dernier par le tribunal correctionnel de Bruxelles, pour un automobiliste qui avait brûlé la priorité de droite à Uccle d'un véhicule conduit par un policier, lequel avait du coup dressé un P-V. L'acquittement a été prononcé "attendu qu'il ressort clairement de leur procès-verbal que les verbalisateurs sont personnellement impliqués dans les faits reprochés; que dès lors les poursuites sont irrecevables."