Theo Francken poursuit sa course contre la montre. Alors que les demandes d’asile en Belgique atteignent des niveaux records (le pays a enregistré près de 3 000 demandes durant le mois de juillet), le secrétaire N-VA à l’Asile et la Migration continue d’éplucher les possibilités pour ouvrir en urgence des places d’accueil supplémentaires afin que les structures fédérales puissent accueillir l’ensemble de ces migrants, et que le réseau Fedasil et ses 18 300 places n’arrive pas à saturation (plus de 90 % des places sont désormais occupées).

900 places et une task force

Le 6 août dernier déjà, Theo Francken avait annoncé la création de 2 500 places supplémentaires dans les casernes. Mais la mise sur pied de ces dernières par la Défense, la Croix-Rouge et Fedasil prend logiquement du temps.

Du coup, et en attendant que les casernes soient prêtes, le gouvernement a annoncé que des unités mobiles seront installées à partir de ce lundi, ce qui permettra l’ouverture de 900 nouvelles places temporaires promet le gouvernement.

Par ailleurs, une "Task Force Accueil" sera mise en place pour suivre au jour le jour une situation qui évolue rapidement. Présidée par le cabinet du secrétaire d’Etat Theo Francken, elle sera également composée de représentants des principaux cabinets concernés dont celui du Premier ministre, ainsi que des experts de l’administration. Elle se réunira au moins une fois par semaine.

Trop de "court terme"

Malgré ces initiatives, les critiques envers le gouvernement se poursuivent.

Président du CPAS de Bruges, Dirk De Fauw a promis que son CPAS fournira 28 places supplémentaires, ce qui fixera le total à 41.

Mécontent, il en a profité pour critiquer la vision à court terme du gouvernement.

"Jusqu’il y a peu , a-t-il expliqué, nous disposions de 176 places mais, fin décembre 2014, nous avons été informés par Fedasil que toutes ces places devaient être supprimées, à l’exception de 13 d’entre elles. La raison était que le flux de réfugiés s’était alors fortement réduit. Tout a été concentré sur Bruxelles. Tout est fermé depuis fin juin et à peine un mois plus tard, nous recevons la demande d’ouvrir des places."

De plus, a tenu à conclure Dirk De Fauw, la demande pour ces places "vaut jusqu’au 1er janvier 2016, alors que Francken avoue que cette crise pourrait durer des années. Que va-t-il se passer avec notre personnel ? Qui sera d’accord de renoncer à son emploi actuel pour un job de quelques mois ?"


La famille Caravaku libérée

A Ittre, le comité de soutien qui s’était formé pour venir en aide à la famille Caravaku s’est montré très efficace. Pour rappel, cette famille de demandeurs d’asile avait été arrêtée mardi dernier à Ittre (Brabant wallon) en vue de son expulsion vers le Kosovo, son pays d’origine. Fin de la semaine dernière cependant, ce même comité de soutien apprenait que son recours auprès du Conseil du contentieux des étrangers avait porté ses fruits, et la famille a donc été libérée. Saisi en extrême urgence, le Conseil du contentieux a en effet annulé le refus d’accorder un droit de séjour à l’une des membres de la famille, qui invoque un grave souci de santé. La juridiction a également annulé les quatre ordres de quitter le territoire émis par l’Office des étrangers, indique le comité de soutien.