Ils manifestaient jeudi passé. Ils sont en grève ce mardi. La prochaine étape pourrait consister en un blocage matinal du ring de Bruxelles.

Jeudi, 14.000 policiers étaient dans les rues de Bruxelles pour protester contre les conséquences défavorables qu'un arrêt de la Cour constitutionnelle aura sur l'heure de leur départ à la retraite. Forts du succès de cette manif, ils attendaient "un signal fort" de la part des partenaires de la coalition suédoise en formation. Ce signal n'étant pas venu, le front commun syndical a décidé d'organiser une grève mardi. Grève qui a connu, elle aussi, un franc succès. Vincent Gilles, président national du SLFP Police, nous annonçait, mardi midi, qu'il était désormais temps que les négociateurs à la recherche du futur gouvernement réagissent. "Le Front commun syndical se réunira dans les dix jours. Si rien ne bouge d'ici là, nous envisagerons d'autres actions."

Lesquelles? Tout est possible car de nombreuses idées fusent. Mais l'une semble tenir la corde. Le blocage du ring de Bruxelles, aux heures de pointe du matin. "Nous pourrions organiser un contrôle systématique de tous les véhicules entrant dans la capitale à hauteur du carrefour Léonard." On imagine déjà quelle pagaille une telle initiative pourrait créer dans tout l'hinterland bruxellois.

Nous n'en sommes pas encore là, certes, mais on sent une détermination sans failles dans le chef des policiers. Mardi, d'après Vincent Gilles, jusqu'à 90% des agents non réquisitionnés se sont mis en grève pour défendre leur prépension. Stéphane Deldicque, délégué permanent de la CSC Police, préférait parler de chiffres tournant autour de 70% pour l'ensemble du pays, "mais la mobilisation varie fortement selon les zones".

Selon lui, Kris Peeters, co-formateur CD&V, aurait été ébranlé par l'ampleur de la manifestation de jeudi passé. Mais les syndicats et la base attendent du concret.