C’est une guerre ouverte contre la ministre de l’Education Joëlle Milquet (CDH) qu’ont déclenché les quatre pouvoirs organisateurs des différents réseaux de l’enseignement subventionné ce lundi.

Ces derniers dénoncent les volontés de la ministre de vouloir les mettre "sous tutelle" .

Dans un projet de décret qui passera demain en commission, la ministre entend renforcer le pilotage des écoles qui présentent "un écart significatif de performances" . En souhaitant augmenter les inspections, fixer des objectifs, et accompagner ces écoles, la ministre assure mettre en place ce qui est souhaité par l’ensemble des acteurs pour aider ces établissements "en difficulté" .

Le Pacte non respecté ?

Problème, cela ne passe pas du côté des PO qui, rassemblés pour l’occasion, jugent ces projets inenvisageables et inutiles.

"Ces dispositions n’ont toujours pas été soumises à l’avis du Conseil d’Etat et constituent de véritables "pouvoirs spéciaux". Elles introduisent une réduction radicale et disproportionnée au principe de liberté d’enseignement inscrit dans la Constitution" , expliquent-ils.

Ce que regrettent également ces PO, est que de telles décisions "imposées" par la ministre brûlent la dynamique du Pacte pour un enseignement d’excellence qui souhaite entendre tous les acteurs avant de prendre des décisions en vue de l’avenir de notre enseignement. Ils pourraient donc "réévaluer" leur participation à ce Pacte. Rien de moins.

Joëlle Milquet regrette une telle position qu’elle explique par une "peur infondée de la part des PO de perdre leur pouvoir". Elle assure par ailleurs avoir le soutien des syndicats, mais aussi l’accord de Conseil d’Etat.

Bref, entre l’autonomie souhaitée par les réseaux et l’activisme de la ministre, c’est surtout à une guerre des pouvoirs que l’on est en train d’assister.