Les proches de Mananya Thumpong, une adolescente de 13 ans que Michel Fourniret a reconnu avoir enlevée et tuée en 2001, mais nie avoir violée, ont vivement interpellé mardi l'accusé devant la cour d'assises française qui le juge.

"Vous croyez être un homme? Pour moi, vous êtes un rien du tout. (...) Est-ce que moi je ferais ça? Est-ce que je ferais ça à ta petite fille, à une petite Fourniret", a lancé à la barre dans un français parfois défaillant Kanyarat Thumpong, la mère de Mananya, originaire de Thaïlande, en se tournant vers le tueur en série présumé. Mananya Thumpong avait disparu le 5 mai 2001 à Sedan (nord) après avoir passé l'après-midi à la médiathèque de la ville. Des restes de son corps avaient été retrouvés le 1er mars 2002 en Belgique, à une quinzaine de kilomètres de la frontière franco-belge.

"Surtout ne vous levez pas, c'est la hauteur qui vous convient. Merci de vous être tu. Merci de ne pas ajouter à la cruauté de vos actes la cruauté de vos paroles", a déclaré à son tour Brice Longhini, le beau-père de l'adolescente, en s'adressant d'une voix posée à Fourniret, assis dans son box.

Depuis le début de son procès le 27 mars devant la cour d'assises qui le juge pour sept meurtres aggravés, Michel Fourniret garde le silence sur les faits, faute du huis clos qu'il réclame. En début d'audience, Michel Fourniret, jugé pour sept meurtres aggravés, a reconnu l'enlèvement et l'assassinat de l'adolescente. En revanche, comme à l'instruction il a contesté le viol.

Le premier mari de Mme Thumpong, Hervé Guy, a expliqué à la barre que Mananya Thumpong et sa soeur cadette étaient arrivées en France en 1994 après son mariage avec Mme Thumpong en Thaïlande en 1992. La famille était ensuite retournée en Thaïlande pendant deux ans, de 1998 à 2000.