L’Église protestante unie de Belgique - le courant réformé et luthérien - a décidé, lors d’une assemblée synodale sur le thème "Homosexualité et consécration au ministère pastoral", de "ne plus faire obstacle aux pasteurs homosexuels". C’est le fruit d’un long processus démocratique… La réflexion initiée par un groupe de travail composé de délégués représentatifs de ses "districts" a suivi son cours. Samedi, l’assemblée extraordinaire du Synode a tranché par un vote au niveau national après des consultations aux niveaux local puis régional. "C’est toujours le débat, le dialogue et la nécessité d’être contredit qui ont fait vivre l’Église protestante, précise-t-on à son sommet. Mais cette fois, l’Église est parvenue à prendre une décision claire, concernant un sujet sensible à propos duquel les avis divergent fort : l’homosexualité n’est pas un critère pour exclure des candidats au ministère pastoral."

Précision : chaque église locale garde le droit de choisir son pasteur. L’Église protestante belge a déjà ouvert l’ordination aux femmes et son corps pastoral est composé d’environ 15 % de femmes.

L’Église catholique campe sur ses positions

L’Église catholique ne fait pas preuve d’une telle ouverture. Il y a 10 ans, la Congrégation pour l’éducation catholique recommanda de refuser l’ordination "aux séminaristes ayant des pratiques homosexuelles", à ceux qui présentent "des tendances homosexuelles profondément enracinées" ou qui soutiennent "la culture gay". Une instruction sévère qui se double d’une période de screening de deux ans de conduite "sans défaillance" afin d’éprouver la réalité et la permanence de l’engagement au célibat… Malgré le pape François, l’Église campe sur sa ligne même si le pape François demande qu’on respecte davantage les homosexuels. Comme l’a montré une récente matinée d’étude organisée à Liège par Mgr Delville, l’homosexualité n’est plus un tabou mais de là à admettre des prêtres gays, il y a de la marge. Du côté du judaïsme, des rabbins israéliens ou américains ont avoué leur homosexualité. Du côté de l’islam, la question est encore plus sensible.