Pourquoi ce qu'a pu faire Nahima Amzil - apprendre le néerlandais et s'intégrer -, ne peut-il être demandé aux francophones en périphérie bruxelloise ? Cette question a été lancée mercredi soir par le ministre-président de la Région flamande, Yves Leterme, au cours d'une intervention lors de la fête du mouvement ouvrier chrétien flamand. Le ministre-président flamand a ainsi établi un lien entre le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde et celui de la firme Remmery, à Ledegem, où travaille Nahima Amzil. Cette jeune femme, victime avec son patron de menaces de mort parce qu'elle porte le voile au travail, est devenue au nord du pays une figure emblématique de l'intégration dans la société flamande.

Selon le ministre-président flamand, la discussion sur BHV a trait au droit de chaque peuple et de chaque communauté à des frontières non contestables, au respect de la Constitution et des arrêts de la Cour d'arbitrage, et à l'éthique de la parole donnée, a-t-il indiqué.

Yves Leterme n'a pas hésité à établir une comparaison avec Nahima Amzil: «Ce qui est possible pour une jeune femme marocaine - apprendre la langue et s'intégrer - ne peut-il être également demandé aux habitants de la périphérie bruxelloise », a-t-il questionné.

«Des gens qui habitent en Flandre depuis 10, 20 ou 30 ans s'adaptent au mieux à la société. Mme Amzil le fait bien. Si chacun montre sa bonne volonté de chaque côté, on peut arriver à une solution », a soutenu le chrétien-démocrate flamand. Yves Leterme a considéré également que le gouvernement fédéral faisait «beaucoup d'efforts » pour parvenir à une solution dans le dossier BHV. «Il est essentiel d'engranger des résultats. J'espère aussi que chez les francophones, un sain discernement prévaudra », a-t-il commenté à l'issue de son discours. Le gouvernement flamand va confronter chaque solution à l'accord de gouvernement flamand, a-t-il encore indiqué.