C’est début 2016 qu’a été ouverte une section DeRadex au sein de la prison d’Ittre. Une section réservée aux "prédicateurs de haine" risquant de contaminer d’autres détenus. C’est là que Jean-Louis Denis a purgé sa peine. Il existe deux ailes de ce type, à Ittre donc, et à Hasselt. Chacune offre 20 places.

En vérité, depuis 2015, il a été décidé que les détenus soupçonnés de radicalisation sont envoyés dans une "prison satellite", à savoir Lantin, Andenne, Gand, Bruges ou Saint-Gilles. Les cas plus aigus, nécessitant une mise à l’écart, sont orientés vers les sections DeRadex d’Ittre ou de Hasselt.

Le personnel de surveillance de ces sections est censé avoir reçu une formation spécifique. Elle comprend des notions sur l’islam, sur les dérives radicales, sur la manière de les détecter, sur le comportement des détenus recruteurs. Mais d’après les gardiens, cette formation serait insuffisante.

État condamné

De leur côté, les détenus sont théoriquement tenus de suivre un programme de désengagement. Mais la réalité serait très différente. De longue date, les commissions de surveillance des prisons ont dénoncé l’absence de programme de déradicalisation de prisonniers largement inoccupés.

Vendredi, RTL-TVI a d’ailleurs révélé que la justice bruxelloise avait condamné l’État à organiser le transfert vers le palais de justice de cinq détenus radicalisés emprisonnés dans le quartier DeRadex d’Ittre. Ils veulent dénoncer en personne leurs conditions de détention mais en novembre, rien n’avait été fait pour permettre leur transfert. Le tribunal a ordonné à l’État de l’organiser sous peine d’astreintes de 10 000 euros.

Au vu de toutes ces considérations, on se demande donc dans quel état Jean-Louis Denis sortira ce samedi matin de son séjour brabançon.