Ce mercredi 25 mai, la grève qui frappe les établissements pénitentiaires de Wallonie et Bruxelles en est à son 30ème jour. Alors qu'une ébauche d'accord semble enfin se dessiner, La Libre Belgique s'est procuré les statistiques du monde pénitentiaire, en 2015. Ils ont été calculés par la direction générale des prisons et sont bientôt disponibles dans un rapport annuel.

Les chiffres ont de quoi étonner. La surpopulation en cellules est un problème pris à bras le corps par le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V). Celui-ci est parvenu à réduire la tendance : l'année dernière, les détenus étaient 11.040 pour 10.028 lits. Les années 2010 ont vu ce nombre exploser jusqu'à presque 12.000. Quelle recette miracle a permis d'influer sur ce taux?

En vérité, il y avait moyen de désengorger nos établissements en s'intéressant au profil des prisonniers. En 2015, ils étaient 903 à avoir été privés de liberté pour des actes dont ils ont été jugés irresponsables. La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block (Open-Vld), leur réserve un autre sort en leur proposant d'être soignés dans un centre adéquat, plutôt que de purger leur peine sans la moindre aide.

Sur les 11.040 détenus en Belgique, 3.498 n'ont pas encore été jugés de façon définitive. Ils sont toujours présumés innocents, selon les règles du système démocratique. Les chiffres permettent encore d'éclairer un autre fait, qui coïncide avec la situation des agents pénitentiaires lancés dans une grève qui ne concerne pas toute la Belgique : en Flandre, seules 2 prisons, celles d'Anvers et de Malines, connaissent un problème d'engorgement. Les autres établissements bondés sont tous situés en Wallonie ou à Bruxelles, là où les geôliers grognent depuis un mois. Et une prison où le taux d'occupation est largement dépassé n'est pas forcément une prison très grande !

LaLibre.be résume ces statistiques en une infographie :

© Nicolas Lowyck