Le conseil communal de Zaventem a voté lundi soir, 22 voix contre 6 - soit l'ensemble des conseillers de l'Union francophone (UF) -, l'application d'un règlement prévoyant que les terrains communaux ne pourront plus être vendus qu'à des candidats connaissant le néerlandais ou s'engageant à l'apprendre.

Les six élus francophones, minoritaires au conseil communal, ont voté contre cette mesure, non sans avoir préalablement réclamé des explications complémentaires.

L'échevin du Logement et député régional flamand Eric Van Rompuy avait pourtant expliqué que de toutes façons, "tous les candidats" à l'achat de la soixantaine de terrains mis en vente "remplissaient ce critère de langue".

Mais le conseiller communal FDF Patrick Van Cauwenberghe (UF) a estimé que le règlement n'en était pas moins "tout à fait discriminatoire" et constate une escalade dans le flamingantisme. Une quinzaine de militants du Taal Aktie Komitee (TAK) a applaudi au contraire cette décision.

Dans la salle du conseil, ils agitaient des pancartes aux couleurs jaune et noire de la Flandre, avec le slogan: "Le Brabant flamand n'est pas à vendre".

Ces militants ont également toussé, tapé du pied et fait grincer leurs chaises à chaque fois qu'un élu francophone tentait d'interpeller le bourgmestre de la commune, Francis Vermeiren. "Non seulement ce règlement raciste souille la démocratie, mais la présence d'extrémistes du TAK (...) montre que ces énergumènes ne tolèrent même plus la présence francophone dans une entité de la périphérie bruxelloise où une forte minorité francophone est implantée depuis de très longues années", regrette Patrick Van Cauwenberghe. Ce règlement contesté, qui date de 2006, est au coeur de la crise politique qui divise francophones et néerlandophones depuis un an.

Approuvé par les autorités régionales flamandes, il prévoit que pour obtenir à bon prix un de ces terrains, il faut d'abord un lien avec la commune, par exemple y habiter. Il faut aussi déclarer que l'on parle le néerlandais, ou que l'on est prêt à l'apprendre.

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU avait critiqué en mars ce règlement communal, en même temps qu'un autre règlement flamand, tout comme il avait épinglé un règlement régional flamand limitant l'attribution de logements sociaux aux seules personnes néerlandophones.

La Commission européenne s'est elle aussi récemment inquiétée de la nature potentiellement discriminatoire du règlement de Zaventem, et a demandé des "clarifications" pour vérifier qu'il ne violait pas la législation européenne anti-discriminations.

Le bourgmestre Vermeiren a promis lundi qu'il répondrait "avec des arguments juridiques" aux interrogations de l'exécutif européen. Quant à Eric Van Rompuy, il a lui balayé les critiques. "Dans ce dossier, il n'y a pas de discrimination selon la nationalité. Il faut juste démontrer qu'on est prêt à parler ou à apprendre la langue", a-t-il expliqué en marge du conseil communal.

Le problème, a-t-il ajouté, c'est simplement que "les francophones n'acceptent pas qu'en Flandre, la langue, c'est le néerlandais".