La question des transferts Nord/Sud, caricaturée ce jeudi jusqu'à l'absurde par la N-VA, a commencé à faire rage à la fin des années 80 et n'a plus quitté la tribune des congrès des partis flamands depuis. Des études et des contre-études se sont succédé. Mais comme en vain. Aujourd'hui encore, il reste très difficile de séparer le vrai du fantasme.

Le débat le plus engagé concerne les transferts au sein de la sécurité sociale, en particulier au niveau de l'assurance-maladie. Le mythe du Wallon surconsommateur de soins est savamment entretenu en Flandre. Mais il a du plomb dans l'aile. En 2002, le rapport de la commission «Jadot» - une commission mise en place dans les années 90 pour plancher sur le sujet - a montré que les dépenses de santé dans chacune des régions étaient proportionnelles à leur part dans la population belge. Il démontrait ainsi que les transferts financiers vers la Wallonie (et vers Bruxelles) n'avaient en tout cas pas pour cause d'éventuelles différences injustifiées dans les dépenses de santé.

Solidarité nationale

Les transferts ne sont pourtant pas contestables. Ils sont même logiques. La Flandre est plus riche. Elle contribue donc forcément davantage à la solidarité nationale, que ce soit au travers de l'impôt ou des cotisations sociales. Les Wallons abuseraient-ils de cette générosité? Apparemment pas. « Même en reprenant les chiffres flamands, que nous n'approuvons pas, on arrive à un transfert de solidarité qui pèse entre 8 et 9 pc du PIB wallon, expliquait récemment l'économiste Michel Mignolet (Facultés universitaires de Namur). On est bien au-delà dans d'autres pays, y compris non fédéraux, comme entre des régions italiennes, françaises et britanniques

© La Libre Belgique 2005