Pour la première fois, le coût total de l’incapacité de travail dépasse celui des allocations de chômage.

Le burn-out est, avec le mal de dos, assurément l’une des plus importantes causes d’absentéisme au travail. Les maladies de longue durée pèsent d’ailleurs très lourd sur le fonctionnement des entreprises. Et la situation est loin d’aller en s’améliorant. Entre 2005 et 2015, le nombre de gens qui restent chez eux, malades, a augmenté de 80 %. Alors qu’ils étaient 68.272 en 2005, le chiffre a explosé en l’espace de dix ans pour atteindre 122.825 travailleurs immobilisés pour une durée de plus d’un an.

Pour 35 % d’entre eux , la raison est à chercher dans une problématique psychosociale ou mentale. Et 30 % supplémentaires souffrent de troubles musculo-squelettiques comme les dorsalgies, lombalgies et cervicalgies. Des problèmes qui ne sont, souvent, pas indissociables, et peuvent être liés au stress ou à la pression émotionnelle et déboucher sur des problèmes tels que le burn-out ou la dépression.

"La lutte contre le burn-out est un des grands défis de notre époque. Nous sommes tous fort occupés, tant à la maison qu’au travail. Il est difficile d’assurer et de maintenir l’équilibre vie privée - vie professionnelle. Les gens ne savent plus quoi faire d’abord, perdent le contrôle, et de ce fait aussi leur enthousiasme. Et avant qu’ils ne s’en aperçoivent, ils restent chez eux, malades. Prévenir et solutionner le burn-out demande une approche globale. J’entends élargir les mesures existantes pour y inclure des coachs du stress et du burn-out, et demander aux partenaires sociaux de conclure des accords relatifs à un droit à la déconnexion (voir ci-dessous) ", détaille Kris Peeters, ministre (CD&V) en charge de l’Emploi et de l’Économie.

En effet, si cette problématique cause non seulement des souffrances aux personnes malades, elle représente aussi un coût gigantesque pour la sécurité sociale. "Pour 2017, le coût total de l’incapacité de travail est estimé à 7,96 milliards d’euros. C’est la première fois de l’histoire que ce coût dépassera celui des allocations de chômage."

Pour agir, Kris Peeters prévoit de nouvelles mesures. "J’entends inciter les secteurs à financer conjointement, au niveau sectoriel, un pool de coachs du stress et du burn-out. Cela pourrait par exemple se faire en utilisant une partie des moyens réservés à la formation ou aux groupes à risques. Ces coachs disposent des connaissances nécessaires du secteur. Non seulement, ils peuvent accompagner les travailleurs souffrant de troubles liés au stress, mais ils peuvent aussi et avant tout travailler préventivement en reconnaissant et en prévenant en temps utile la menace du burn-out."

Le tout se ferait naturellement en concertation avec les structures déjà en place dans les entreprises, comme le comité de prévention et de protection au travail.


Déconnecter en dehors des heures de bureau

Il n’est pas toujours facile de concilier vie professionnelle et vie privée. Et, pour de nombreux travailleurs, la frontière n’existe tout simplement pas. Même en dehors du bureau, que ce soit le week-end ou pendant les vacances, ils ne parviennent pas à déconnecter. "Je souhaite proposer davantage d’instruments pour rétablir l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, explique Kris Peeters . Voilà pourquoi je veux examiner s’il est possible de suivre l’exemple français, en demandant aux entreprises de conclure des accords relatifs à un droit à la déconnexion. De ce fait, les travailleurs seront fixés sur la question de savoir s’ils doivent répondre aux courriels du travail ou être disponibles pour leur patron en dehors des heures de bureau ou non."

Une mesure qui a été adoptée récemment en France, mais dont les effets n’ont pas encore pu être mesurés.