Les deux Tunisiens qui ont abattu en juillet 1991 l’ancien vice-Premier ministre socialiste André Cools ont désigné mercredi comme organisateurs de l’assassinat deux des accusés qui comparaissent depuis un mois devant la Cour d’assises de Liège.

Ben Almi Abdelmajid Ben Lamin et Ben Brahim Abdeljelil Ben Regeb, qui purgent une peine de 20 ans de prison dans leur pays pour l’assassinat de l’ancien homme fort du PS, ont «reconnu Pino Di Mauro et Iachino Contrino », a déclaré Marie-Hélène Joiret, l’ex-compagne d’André Cools, à l’issue d’une audience à huis clos.

«Ils confirment tout ce qu’ils avaient dit durant l’instruction », a ajouté Mme Joiret, qui avait été grièvement blessée dans l’attentat et qui a pu assister à l’audience en tant que partie civile.

Les deux hommes mis en cause, Pino Di Mauro et Iachino Contrino, faisaient partie en 1991 de l’entourage d’un rival politique d’André Cools, Alain Van der Biest, qui s’est suicidé en 2002 alors qu’il était inculpé d’assassinat dans cette affaire, l’une des plus retentissantes de l’histoire politico-judiciaire belge.

Ben Almi Abdelmajid Ben Lamin et Ben Brahim Abdeljelil Ben Regeb, qui pensaient agir dans le cadre d’un trafic de drogue, avaient indiqué durant l’instruction que leur «cible » leur avait été désignée par Pino Di Mauro, le chauffeur de Van der Biest et que celui-ci leur avait également procuré l’arme du crime.

Iachino Contrino aurait quant à lui notamment participé à des repérages sur le lieu de l’assassinat, sur les hauteurs de Liège, selon les deux hommes.

Pino Di Mauro et Iachino Contrino ont toujours nié toute participation au crime et sont restés «sans réaction » durant le témoignage «capital » des deux Tunisiens, selon Mme Joiret.

Mercredi, les tueurs d’André Cools se sont présentés comme les «victimes » de pressions des membres de la «mouvance » Van der Biest, qui les auraient contraint sous la menace à participer à l’assassinat, et l’un d’entre eux a exprimé ses «remords », selon plusieurs témoins.

Les deux Tunisiens, arrivés mercredi matin à Liège sous très forte escorte, devaient regagner Tunis dans la soirée. Le procès Cools, ouvert il y a un mois, ne devrait pas s’achever avant Noël.