`Nous ne sommes pas prêts à soutenir une participation belge à une intervention en Irak. Au stade actuel, aucune raison ne le justifie.´ Le sénateur Ecolo Josy Dubié est remonté. A ses yeux, même en cas de résolution de l'Onu, il n'est pas question de se lancer dans une guerre `inutile, absurde, dangereuse, injustifiée...´ Il ne trouve pas assez d'adjectifs pour la qualifier. Et oui, lâche-t-il, `la guerre est une question trop grave, il faut savoir prendre ses responsabilités´. Autrement dit, l'Irak pourrait devenir une affaire de gouvernement. A ses côtés, le secrétaire fédéral Marc Hordies est un peu plus mesuré, même s'il ne voit pas non plus ce qui justifierait une guerre en ce moment. Tel est d'ailleurs le sens de la motion votée par le Conseil de fédération des verts francophones juste avant les vacances. `Lorsque l'on reprend la déclaration gouvernementale du 6 septembre, on s'aperçoit que tout avance correctement´, dit Marc Hordies. Les inspecteurs des Nations unies ont pu revenir en Irak et ils travaillent visiblement sans entrave. D'ailleurs, le secrétaire général Kofi Annan en témoigne. `C'est donc une guerre pour la géopolitique et le pétrole´, insiste Josy Dubié. Qui pointe du doigt la démesure de l'attitude américaine alors qu'en Corée du Nord, là, oui, il se passe `des événements très graves dans un pays qui possède des armes de destruction massive´. Bref, la solution pour l'Irak est uniquement diplomatique. `Avec des réponses appropriées´, dit Marc Hordies. En outre, il s'agit de veiller à apporter une solution globale aux problèmes du Proche-Orient, en ce compris le conflit israélo-palestinien. `Je reviens de là-bas et j'ai été choquée par ce que j'ai vu dans les territoires occupés´, dit l'ancienne secrétaire fédérale Brigitte Ernst. Dans cette approche pacifiste, insiste Ecolo, la Belgique a un rôle important à jouer. Notamment en incitant un `noyau dur´ de pays européens, incluant notamment l'Allemagne et la France, à s'opposer à la guerre. (O.M.)

© La Libre Belgique 2003