Attention : les vacances d’été qui se profilent sont une période particulièrement à risque pour les jeunes exposés aux mariages forcés. A cette occasion, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes publie, en collaboration avec le Réseau mariage et migration, un guide (*) destiné aux professionnels en contact avec les victimes, potentielles ou effectives, de tels agissements. Objectif : aider les médecins, policiers, magistrats, officiers de l’état civil, assistants sociaux… à mieux identifier ces situations et à y réagir adéquatement.

"Chaque été, de nombreux jeunes issus de l’immigration rentrent dans leur pays d’origine avec le risque, parfois, d’y subir un mariage forcé", affirme Michel Pasteel, directeur de l’Institut. Depuis 2010, entre 10 et 15 plaintes sont déposées chaque année auprès des services de police, mais il existe un important chiffre noir. Par peur, honte, ambivalence, loyauté familiale… les victimes ne rapportent que très rarement les faits aux autorités et même aux acteurs de terrain chargés de les aider.

Signes suspects

Il est donc très malaisé de se faire une idée précise de l’ampleur du phénomène en Belgique. Certaines associations de terrain, dont le Réseau mariage et migration à Bruxelles, confient être confrontées à des situations de mariage forcé de manière relativement fréquente puisqu’elles traitent entre 20 à 30 situations par an. Si le phénomène touche aussi les garçons, il concerne en majorité des jeunes femmes entre 16 et 25 ans.

Le guide pointe les signes qui permettent de suspecter que l’union a été contractée sans le libre consentement d’(au moins) un des époux. Des étudiantes qui "disparaissent" soudain de l’école à l’approche de leurs 18 ans; la surveillance continue par "un grand frère" dès qu’elles mettent un pied hors de la maison; une fugue du domicile pour échapper à l’emprise familiale… Les victimes subissent fréquemment des violences entre partenaires, aussi bien sexuelles, physiques que psychologiques. Il arrive que les victimes soient exploitées par la belle-famille et forcées à accomplir les tâches ménagères pour tous. Comme des Cendrillon des temps modernes.

(*) A télécharger sur le site de l’Institut : http://igvm-iefh.belgium.be