Yves Leterme a retrouvé mercredi son poste de Premier ministre, en remplacement d'Herman Van Rompuy nommé à la tête de l'UE, et prévenu qu'il voulait aller vite pour réformer le pays en donnant davantage d'autonomie à la Flandre.

M. Leterme, jusqu'ici ministre des Affaires étrangères, a été désigné à la tête du gouvernement par le roi des Belges Albert II à la suite de la démission de M. Van Rompuy. Son équipe est une copie quasi-conforme de la précédente, réunissant une coalition de partis flamands et francophones allant des chrétiens-démocrates aux socialistes.

Dans sa première intervention devant le parlement en tant que nouveau Premier ministre - sur laquelle la presse a eu à l'avance des indications, au grand dam de nombreux élus - Yves Leterme a signifié qu'il ne voulait pas laisser traîner les choses. "Cela fait trop longtemps que des discussions institutionnelles paralysent le fonctionnement optimal de ce pays", a-t-il dit. "Le gouvernement espère aboutir à un accord au printemps 2010", a-t-il affirmé, tout en laissant entendre qu'il ne passerait pas de force. "On apprend toujours des expériences passées. Je reprends le flambeau avec (... ) une volonté d'apaisement", a-t-il expliqué.

Pour encadrer Yves Leterme, il a été décidé cette fois de confier le travail préparatoire de déminage à Jean-Luc Dehaene.

"Il a maintenant une deuxième chance. Il a tous les éléments pour prouver qu'il est un bon Premier ministre", a prudemment commenté M. Van Rompuy qui prendra en janvier la présidence du Conseil européen. Accumulant les maladresses à l'égard des francophones, sans vraiment convaincre les Flamands, M. Leterme n'avait pas laissé un bon souvenir de son premier passage à la tête du gouvernement entre mars et décembre 2008.

Mais c'est sur un dossier annexe qu'il était tombé: des pressions présumées de son entourage sur la justice dans le cadre du démantèlement de la banque Fortis.