Un policier quinquagénaire, dirigeant un peloton d’intervention à Liège, a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel de Liège à une peine d’un mois de prison avec sursis de 3 ans pour des faits de coups et blessures. Le juge a considéré que ce policier était intervenu d’une manière trop violente.

La nuit du 17 au 18 mars 2014, une patrouille de police avait contrôlé un véhicule suspect place Cathédrale, à Liège. Le conducteur avait subi une remontrance. Quelques minutes après, sa voiture était repérée à proximité du commissariat de la rue Natalis. Le conducteur, suspecté de vouloir en découdre avec les forces de police, avait été intercepté. Des armes (un couteau, une matraque…) ont été retrouvées en sa possession.

Menotté

L’homme avait été menotté et placé en cellule. Un couteau avait encore été retrouvé dans sa chaussette. Comme il résistait, un policier l’avait plaqué au sol pour l’inviter à se calmer.

L’homme a ensuite déposé plainte. Des caméras de surveillance ont filmé l’ensemble de la scène, dans laquelle on voit le policier saisir l’individu à la gorge et le projeter au sol. Dans son analyse des images, le juge a estimé que l’intervention du policier n’était pas justifiée car l’individu était en position de déséquilibre et, menotté, ne présentait pas de danger particulier. Le juge a estimé que la violence du policier était attestée par les images.

L’avocat du policier, Me Alexandre Wilmotte, a annoncé que son client introduirait un appel contre ce jugement. De nombreux policiers assistaient mercredi à l’audience pour soutenir leur collègue.

Réaction syndicale

Le Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS), auquel est affilié le policier, était également présent mercredi. Il a regretté cette condamnation qui pourrait, estime-t-il, avoir des conséquences sur la qualité des interventions futures des policiers.

Pour le SNPS, cette intervention rentrait dans le cadre légal de sa mission. "Nous nous exprimons rarement sur les décisions de justice. Celle-ci est inacceptable. Ce policier n’a fait que son devoir en maintenant un individu pour éviter une rébellion et pour éviter que la situation s’envenime. Il a maintenu l’individu sans le saisir, pour éviter une situation d’escalade dans la violence", estime Fabrice Discry, président provincial du SNPS.