Charles Michel, vous avez parcouru le livre de Frédéric Deborsu. Convaincu, agacé ?

Je constate que la démarche de M. Deborsu n’est pas classique en Belgique. C’est une démarche que l’on voit souvent dans les pays anglo-saxons. Je suis assez sidéré par la méthode utilisée que je trouve assez peu ragoûtante. Elle consiste à additionner des ragots, des rumeurs ou de vieilles histoires qui n’étaient pas nouvelles. Et le résultat ? Il en tire un tissu de propos qui manifestement ne respectent pas la vie privée des personnes concernées et donnent le sentiment d’une forme d’acharnement complètement inutile et injustifié à mes yeux.

L’auteur se définit pourtant comme un fervent défenseur de la monarchie. Son livre, dit-il, pourrait renforcer l’institution voire aider Philippe à se préparer à son métier de roi…

Le point fondamental, pour la monarchie, c’est d’avoir un roi qui remplit parfaitement sa fonction. C’est le point fondamental. J’ai pu voir, comme tous les Belges, que nous avons un roi qui, dans des moments délicats, voire dangereux pour tous les Belges, a pu à chaque fois assumer parfaitement son rôle dans le cadre constitutionnel.

Quel serait le but recherché, ici ?

Sans doute de faire du sensationnalisme, pratiquer un journalisme de bas niveau. Tout ceci n’a qu’un objectif : attirer l’attention sur un livre. Toutes les considérations qui relèvent de la vie privée et qui ne se fondent que sur des rumeurs n’apportent finalement rien.

Cela signifie-t-il que l’on ne peut pas enquêter sur la monarchie, ni sur la vie privée des gens qui gouvernent, ministres, présidents de partis… ?

Je pense que les gens qui assument des fonctions publiques doivent d’abord être jugés pour les actes qu’ils posent dans l’exercice de leurs mandats publics. Je pense que chacun a droit à sa vie personnelle, à sa vie privée. À partir du moment où des personnes publiques, qui ont des fonctions publiques, n’exhibent pas leur vie privée, ils ont le droit au respect de leur vie privée.

Que doit faire le Palais ?

Je n’ai pas de conseils à donner. Personnellement, je suis triste qu’il y ait un coup d’éclat à bon marché, avec du sensationnalisme, pour essayer de faire vendre un ouvrage. Le but est manifestement atteint. Mais je n’ai pas le sentiment que cela ajoute quelque chose à la qualité du débat démocratique en Belgique.