Deux heures d’intense recueillement et de participation active - sur fond de superbes morceaux d’orgue en alternance avec des chants largement repris - ont transformé, dimanche après-midi, en l’église St-François de Louvain-la-Neuve, le théologien, directeur de Test-Achats et ancien mandataire local Serge Maucq en un nouveau diacre qui a les pieds bien sur terre... Et cela à la grande joie de ses nombreux amis du Hainaut (il est originaire de Wodecq et a été échevin à Ellezelles), de Liège (il y donne cours aux séminaristes), de l’archidiocèse et, notamment, de Rixensart (il est passé chez les dominicains) et de LLN (où il fut jadis responsable estudiantin et, depuis lors, organisateur des 24 h de la Bible)... Mais si les paroissiens locaux étaient très heureux d’accompagner Serge Maucq en ce moment solennel et bigrement émouvant, nombre d’entre eux entendaient interpeller après la cérémonie l’archevêque Léonard sur sa décision de confier la paroisse de la ville nouvelle et des étudiants à un duo de clercs de la communauté charismatique de l’Emmanuel. Comme on l’a lu dans "La Libre" de ce week-end, un grand nombre de fidèles sont dubitatifs, sinon "perplexissimes" sur ce choix, mais nous étions encore en dessous de l’émotion, car on a appris, dimanche, que les responsables de plusieurs organes liés à la paroisse allaient présenter leur démission : c’est le cas de la fabrique d’église, mais aussi de l’Association des œuvres paroissiales et de l’asbl qui gère la chapelle de la Source. En outre, le fait de confier même partiellement la paroisse Saint-François d’Assise à des membres de l’Emmanuel secoue aussi, nous revient-il, les hautes sphères de l’UCL.

Bref, si l’orage grondait sur le plateau de Lauzelle, il était aussi dans bien des têtes de tous âges et de toutes origines qui ont voulu rencontrer Mgr Léonard après la messe pour lui demander de plus amples explications sur le "surprenant choix" de deux prêtres dont l’esprit et les pratiques ne leur semblent guère compatibles avec l’esprit paroissial néolouvaniste, très conciliaire, mais aussi volontiers critique, voire contestataire comme il sied dans un environnement universitaire. Selon l’archevêque, il a dû réagir au fait que les évêques de Liège et de Tournai entendaient absolument récupérer les abbés Hannosset et Cossement "indispensables dans leur diocèse". Une version qui n’est pas celle de l’environnement paroissial néolouvaniste où l’on évoque clairement un parachutage charismatique volontaire et on n’en veut pour preuve que les deux curés en voie de départ ont été les tout derniers avertis de ce qui se profilait ! Une version contre une autre où un chat, voire un cha(noine), ne retrouverait pas ses petits, car cela s’est fait dans la plus parfaite culture du secret et en plus par un évêque gêné aux entournures. Mais soit, écoutons encore l’archevêque qui ne s’est pas laissé démonter par les paroissiens de LLN. Pour lui, "arracher les abbés (NdlR : charismatiques) à leur double paroisse était un sacrifice immense ". Et de hausser le ton : "Nous étions persuadés de faire un fameux cadeau à St-François, d’autant plus qu’ils ont tous deux une formation exceptionnelle. Je ne comprends pas vos réactions! Où allons-nous? Certains m’ont même parlé de la secte des charismatiques !" Et d’ajouter qu’il "ne comprend pas ces préjugés de la part d’habitants d’un milieu aussi ouvert que LLN". Et de cibler aussi "des universitaires qui me surprennent aussi par leur approche mesquine". Et Mgr Léonard de "parier un bac d’Orval que dans un an, plus personne ne contestera les nouveaux venus". Car s’il a reconnu qu’il y aurait dû y avoir une meilleure information, la décision est irrévocable. Du coup, un des prêtres restants, l’abbé Salvator Ntibandetse, a annoncé une réunion de la future équipe d’ici peu, alors que l’assistante paroissiale Elisabeth Dehorter invitait tout le monde "à se retrouver le week-end prochain lors d’une nuit d’adoration autour du Saint-Esprit"... Pour information, cette dernière est la sœur d’un des deux prêtres charismatiques.