Avocats.be a mis en garde mercredi le monde politique contre la tentation de mesures qui rapprocheraient la Belgique d'un Etat policier afin de lutter contre le terrorisme. Si l'Ordre des barreaux francophone et germanophone voit d'un bon oeil la mise sur pied d'une commission parlementaire spéciale consacrée au terrorisme et au radicalisme, il estime toutefois que des gardes fous doivent être dressés. Il rappelle à ce titre que l'envoi "direct" de combattants revenus de Syrie en prison ou le port du bracelet électronique imposé aux personnes fichées par les services de sécurité sont des mesures attentatoires à la liberté individuelle. Elle doivent donc être décidées par un juge indépendant, agissant en connaissance de cause, et ne peuvent se résumer à des mesures administratives.

Les avocats francophones se montrent aussi très réservés sur la possibilité de prolonger le délai de garde à vue de 24 heures à 72 heures. Selon eux, une garde à vue de 24 heures, éventuellement renouvelée une fois, est suffisante pour permettre au juge d'instruction de décider de la pertinence d'un mandat d'arrêt, ainsi que l'ont montré les opérations récentes. "Les juges ont pu prendre leur décision en 24 heures", souligne Avocats.be qui rappelle les effets très lourds d'une garde à vue.

"Il faut en effet se rendre compte des effets dramatiques sur la vie professionnelle, sociale et familiale des personnes qui sont finalement mises hors de cause (et elles furent très nombreuses dans ce cas) que pourrait avoir l'allongement d'une garde à vue", dit-il.

L'Ordre réclame également des mesures préventives. "Il serait vain de neutraliser un terroriste si, au même moment, de nouvelles vocations sont en train de naître, exacerbées par le sentiment d'injustice que provoqueraient des mesures mal calibrées", souligne-t-il.

Le budget dégagé doit donc viser aussi la lutte contre le radicalisme dans les quartiers et les prisons.