On la croyait au moins calmée après un acquittement de justesse en Belgique et avant une condamnation en Suisse. Pas du tout, le nom de Malika El Aroud continue de fleurir dans les dossiers de la police belge, a appris "La Libre Belgique".

L'ex-épouse d'un des assassins du commandant Massoud est, cette fois-ci, citée dans le cadre de la filière d'acheminement de kamikazes pour l'Irak, dont le procès débute le lundi 15 octobre à Bruxelles.

Malika El Aroud n'est pas inculpée dans cette affaire qui remonte à 2005, mais son nom apparaît clairement dans le cercle des sympathisants qui a donné naissance à cette filière et envoyé la Belge Muriel Degauque comme kamikaze en Irak.

Selon des sources concordantes, Malika El Aroud, née à Tanger en 1959, a été utilisée pour le transfert d'argent. Elle a aussi conseillé le groupe mené par le Belgo-Tunisien Bilal Soughir.

Enfin, un exemplaire dédicacé de son livre "Les soldats de lumière", qui narre sa vie avec Abdessatar Dahmane, a été retrouvé chez l'un des inculpés, le Belge Pascal Cruypenninck.

Ce groupe largement autochtone, basé à Saint-Josse, s'est internationalisé en établissant un contact avec "Abou Mazen", un homme qui a vécu en Turquie et qui est, selon les enquêteurs, le responsable des opérations extérieures du réseau al Qaeda.

Muriel Degauque devint la première kamikaze européenne en Irak en faisant exploser sa voiture dans la banlieue de Bagdad, le 9 novembre 2005, et en tuant cinq policiers irakiens.

Si l'ex-épouse de l'assassin de Massoud n'est pas inquiétée dans ce dossier judiciaire, c'est que les policiers belges n'ont pas trouvé assez d'éléments l'impliquant directement dans le "groupe terroriste". Mais c'est une indication que le même microcosme bruxellois et islamiste continue de s'investir dans le jihad, surtout après l'occupation américaine de l'Irak.

En 2003, Mme El Aroud avait été acquittée dans le procès de la filière qui avait amené son mari en Afghanistan pour tuer Massoud.

Puis, elle était partie "en exil" en Suisse dans la région de Fribourg. Pas pour y prendre une paisible retraite : la police suisse l'arrêtait, en 2005, pour y avoir mis sur pied un site Internet de propagande terroriste. Depuis quelques mois, elle est revenue en Belgique. En juin dernier, le tribunal fédéral suisse de Bellinzone a finalement condamné son mari, le Tunisien Moez Garsallaoui, 39 ans, à deux ans, dont six mois ferme. Malika, 48 ans, a, elle, écopé de six mois avec sursis.