La situation était tendue ce samedi après-midi à Bruxelles.

Une personne a été renversée rue Fernand Brunfaut, à Molenbeek, par une Audi A1 qui est passée au travers d'un barrage de police (voir la vidéo en tête d'article). Selon le parquet de Bruxelles, le véhicule a pu être intercepté peu après et les deux personnes qui se trouvaient à son bord ont été arrêtées, aux alentours de 17 heures. D'après les premières images, il s'agirait de jeunes, dont le passager qui filmait la scène avec son téléphone portable.

La dame renversée a été emmenée consciente à l'hôpital.

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Dans la rue où la collision a eu lieu, un voisin diffusait "We are the world" de Michael Jackson, sans doute pour apaiser les esprits.

© JC Guillaume
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Crédit: JC Guillaume

Le groupuscule d'extrême droite Génération Identitaire avait appelé à manifester sur la place communale de Molenbeek ce samedi. Mercredi après-midi, la bourgmestre avait pris un arrêté de police pour interdire tout rassemblement sur le territoire de la commune.

Dans le courant de l'après-midi, 400 personnes se sont rassemblées à proximité de la place communale de Molenbeek et de la station de métro Comte de Flandres, a indiqué la police locale Bruxelles-Ouest (Molenbeek-Saint-Jean, Jette, Ganshoren, Koekelberg, Berchem-Saint-Agathe). La police tentait de convaincre les personnes de quitter les lieux. Une centaine de jeunes ont tenté de rejoindre la place de la Bourse depuis Molenbeek, mais ont été repoussés par la police.

La police a également fait face à des jets de bouteilles en verre et de cailloux rue des 4 vents. Des journalistes ont eux été pris à partie et il leur a été demandé de ne pas filmer.

La police était présente en masse, un hélicoptère circulait au dessus de la zone et une autopompe avait également été amenée sur place.


Trente-deux interpellations et deux arrestations

La police a procédé à 32 interpellation et deux arrestations samedi sur le territoire de Molenbeek-Saint-Jean, a indiqué en soirée la bourgmestre Françoise Schepmans (MR) à l'Agence Belga. Mme Schepmans a salué le travail des policiers, mais aussi des "éducateurs et des gardiens de la paix" de la commune qui ont bien géré la tension grâce à "un excellent travail préventif".

Elle a par contre déploré l'acte "scandaleux" commis par un homme qui a forcé un barrage de police avec sa voiture et percuté une femme rue Fernand Brunfaut. Cette dame a été transportée à l'hôpital dans un état grave, mais ses jours ne seraient désormais plus en danger.

L'atmosphère a été particulièrement tendue, mais il n'y a pas eu "de casse" et les "incidents graves" ont pu être évités, à part celui impliquant un véhicule qui a forcé un barrage de police, a indiqué Mme Schepmans à l'Agence Belga.

La situation était revenue au calme dans la commune vers 18h00.


Du pepper spray retrouvé dans une voiture

Malgré l'interdiction, des militants d'extrême droite ont tenté de se réunir sur la place du conseil communal de Molenbeek ce samedi après-midi. La police a procédé à 7 arrestations.

Sur les 7 militants anti-islam arrêtés, la police a procédé à 5 arrestations administratives et 2 arrestations judiciaires. Comme le confirme Johan Berckmans, porte-parole de la zone Bruxelles Ouest, ces arrestations judiciaires font suite à la découverte dans un véhicule de deux bombes de pepper spray. Il ne s'agit pas de cocktails molotov.


Une trentaine de militants anti-islam à Dilbeek, Molenbeek et Bruxelles

Une trentaine de personnes ont mené de courtes actions à Dilbeek, Molenbeek-Saint-Jean et Bruxelles samedi matin.

Ils protestent contre les attentats du 22 mars à Bruxelles et contre l'interdiction des manifestations samedi et dimanche dans la Région bruxelloise. "Nous appliquons notre droit d'exprimer notre colère", a expliqué un participant, Rob Verreycken. Les manifestants anti-islam se sont rassemblées au centre culturel Westrand, dans la commune brabançonne de Dilbeek. Ils se sont ensuite rendus à Molenbeek, où ils ont brandi une banderole et ont scandé des slogans. Après un quart d'heure, le groupe s'est dirigé vers l'Atomium.

"Comme beaucoup, nous sommes en colère après les attentats du 22 mars", explique Rob Verreycken. "Le gouvernement souhaitent des sentiments braves et innocents, avec des fleurs et des bougies, mais nous trouvons que la colère a aussi sa place et que nous avons également le droit de l'exprimer dans la rue. Nous trouvons inacceptable que les manifestations aient été interdites parce que les dirigeants ne sont pas d'accord avec les opinions exprimées."

Cette action survient alors que la manifestation annoncée par le groupuscule d'extrême droite Génération Identitaire ce samedi à Molenbeek a été annulée.

Le cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a en effet annoncé qu'un "arrêté d'interdiction de manifestation sur le territoire régional a été officiellement pris ce vendredi".