Plusieurs milliers de militants de la FGTB - entre 8.000 et 10.000 selon le syndicat - ont défilé vendredi matin dans les beaux quartiers d'Ixelles pour réclamer plus de justice sociale et un meilleur pouvoir d'achat. Sur les calicots brandis par les militants, on pouvait notamment lire "Les rentiers veulent tout", "Bientôt la soupe populaire" ou encore "Non à l'austérité". Les rentiers et exilés fiscaux dont Bernard Arnault, l'homme le plus riche de France, qui a demandé la nationalité belge, étaient aussi dans le collimateur de cette grande manifestation de rentrée.

"L'endroit choisi pour la manifestation est symbolique. Il faut recréer une justice sociale et fiscale en Belgique pour les travailleurs et les allocataires sociaux", a déclaré Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, en marge de la manifestation.

"Le pouvoir d'achat est sous pression et la pauvreté menace de nombreux travailleurs et allocataires sociaux. Dans certains pays comme l'Allemagne, des milliers de pensionnés doivent faire des petits boulots pour survivre. Je n'accepterai jamais ce modèle-là en Belgique", a déclaré Rudy De Leeuw, président de la FGTB, devant les manifestants. "Nous réclamons le maintien de l'index, l'égalité salariale, une hausse du salaire minimum et de bons contrats de travail", a-t-il ajouté en soulignant que les travailleurs ne devaient pas être les victimes de l'austérité.

"Nous en avons assez de cette austérité. Les banques ont été secourues, les déficits publics ont explosé et ce n'est pas fini. La seule solution qu'on nous propose, c'est l'austérité. Ce n'est pas de cela que nous voulons. Nous répétons qu'on ne touchera pas à l'index mais nous voulons plus! 10.000 merci aux camarades qui sont venus le rappeler aujourd'hui", a encore scandé Anne Demelenne, en fin de manifestation.

Le syndicat socialiste qui dénonce les "rentiers et exilés fiscaux" réclame sur ce point une meilleure progressivité de l'impôt sur les plus hauts revenus, la levée du secret bancaire (via l'échange automatique des données bancaires) ou encore la taxation des plus-values.

La manifestation, qui a démarré vers 10h30 de la Place Brugmann à Ixelles, a pris fin vers 12h30 sur l'avenue Louise. De nombreux embarras de circulation ont été enregistrés tout au long du parcours.