Le nouveau livre d'Alain Destexhe pointe une Région bruxelloise en-dessous de tout et une Wallonie qui ne progresse pas malgré le plan Marshall. Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Economie a accepté de réagir brièvement aux propos tenus par le député MR dans son dernier livre. Il n’est évidemment pas en phase avec l’analyse du député MR : "D’une part, on devrait lui conseiller de mettre ses chiffres à jour. Notamment pour ce qui concerne les chiffres du Brabant wallon qui s’expliquent en grande partie par l’épisode de la grippe aviaire en 2008 qui a impacté de manière exponentielle le chiffre d’affaires de GSK qui s’est traduit par un saut de PIB du Brabant wallon ou sur la composition des pôles de compétitivité qui regroupent plus de 80 % de PME wallonnes ou bien encore sur la part des investissements privés dans le Plan Marshall qui atteignent des proportions que tous les pays et régions adjacents nous envient (environ 45 %) dans la recherche, la formation et l’innovation."

Le ministre PS précise encore que "ses assertions contredisent les dernières indications transmises par la Commission européenne et le Bureau du Plan notamment au niveau de l’économie et de l’emploi en Wallonie. L’Europe a décerné ces derniers mois à la Wallonie le label de région créative parmi quarante-quatre régions sélectionnées et a désigné comme bonne pratique, la stratégie déployée autour des PME wallonnes à travers le Small Business Act. Tout dernièrement, un bureau international a évalué extrêmement positivement la politique des pôles de compétitivité dans le cadre du Plan Marshall 2.VERT" .

Attaque en règle

Enfin, visiblement agacé, Marcourt après avoir défendu la Wallonie attaque : "Que M. Destexhe, qui est un homme de consensus comme tout le monde le sait, utilise son énergie à mettre sur la même longueur d’onde ses camarades de parti têtes de liste à la Chambre et au Parlement bruxellois. Il serait sans doute plus utile ainsi."


Fremault: "Une rengaine constamment négative"

"On a l’impression qu’Alain Destexhe découvre des réalités bruxelloises que chaque décideur politique connaît pourtant depuis des années , pique directement Céline Fremault (CDH), ministre de l’Economie et de l’Emploi en Région bruxelloise. La chanson est archiconnue. Ce qui est infiniment regrettable c’est de prendre plaisir à mettre uniquement en avant des chiffres négatifs. On peut gloser indéfiniment sur le taux de chômage bruxellois, encore faut-il avoir une vue d’ensemble sur la réalité du marché du travail. Je ne crois pas que l’absence perpétuelle d’Alain Destexhe au Parlement bruxellois soit de nature à l’éclairer. Depuis que je suis ministre, je ne l’ai jamais vu à la commission Economie et Emploi." Depuis 2009, le député MR n’a déposé que huit interpellations ou questions au Parlement bruxellois. "Il faudrait interroger Didier Reynders et Vincent De Wolf pour voir ce qu’ils en pensent. Deux bouquins ça commence à faire beaucoup ", ajoute Céline Fremault avec une petite pensée pour les mandataires MR qui "sont au pouvoir dans la moitié des communes bruxelloises" .

Les moyens d’Actiris augmentent

Se disant lassée de "cette rengaine constamment négative" , elle estime que si la situation n’est bien sûr "pas idyllique" , la Région enregistre une baisse du chômage des jeunes, que le renforcement de l’accompagnement individuel des demandeurs d’emploi commence à porter ses fruits. "On ne crie pas encore victoire, mais c’est efficace" , dit-elle. Et d’insister sur le renforcement des moyens d’Actiris décidé ces dernières années et sur le dynamisme économique de la capitale. Celle-ci a enregistré 10 430 créations d’entreprises pour 2 599 faillites en 2013, et la création d’entreprises a bondi de 80 % depuis 2004, avance la ministre.