Jean-Claude Marcourt (PS), le ministre wallon de l'Enseignement supérieur, était l'invité de Matin Première sur les ondes de la RTBF en ce lundi marqué par une série de manifestations étudiantes. Interrogé sur l'épineux dossier des numéros INAMI, il a déploré "une situation sociale extrêmement pénible". "Même les syndicats de médecins considèrent qu'il faut donner [aux actuels étudiants en médecine] un numéro INAMI."

Le ministre en a profité pour avancer une mesure qui, selon lui, réglerait le problème pendant "de nombreuses années". "Nous devons extraire du nombre de numéros INAMI les étudiants français qui ont étudié chez nous et sont retournés en France." D'après M. Marcourt, il y aurait moyen de récupérer là 30% de numéros. Son objectif est de trouver une solution avec la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block avant le 31 décembre prochain.

Et le temps presse: "Pour remplacer chaque médecin généraliste qui quitte la profession il faut un médecin généraliste et demi. [...] On a besoin de tous ces futurs médecins sur le marché du travail. [...] Il est scandaleux de faire venir des médecins du nord de l'Afrique ou d'Europe centrale pour régler la pénurie chez nous."

Minerval plus élevé pour les plus aisés

Plus largement, le coût du minerval fait partie des préoccupations des étudiants qui manifestent ce 17 novembre. Parmi les idées avancées par M. Marcourt, une risque de faire grincer quelques dents. "Est-ce que les étudiants qui viennent de familles très riches ne peuvent pas payer un peu plus ?", avance-t-il.

Enfin, concernant l'instauration d'un examen d'entrée limitant l'accès aux études universitaires, le ministre de l'Enseignement supérieur rejette l'idée en bloc. "Dans les circonstances d'aujourd'hui, l'examen d'entrée est profondément injuste." Car, estime M. Marcourt, il y a une différence entre "ceux qui ont la chance d'aller dans des écoles qui les formatent pour aller à l'université" et les autres moins favorisés.