Belgique Le régulateur de l’énergie estime que le soutien accordé aux trois prochains parcs offshore pourrait être divisé par deux.

La délicate question du soutien public accordé aux éoliennes en mer du Nord a fait l’objet d’un débat tendu, ce mardi, en commission Economie de la Chambre. Au centre de l’attention, une étude de la Creg, le régulateur fédéral de l’Energie, qui estime que les subsides fédéraux devraient être drastiquement revus à la baisse en tenant compte du soutien récemment accordé par les Pays-Bas. Retour sur ce dossier en quatre questions.

1 La Belgique octroie-t-elle trop de subsides ?

Suite à une renégociation avec les actionnaires de Norther et Rentel, la ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), avait revu à la baisse les subsides octroyés à ces deux parcs. Le premier bénéficiera d’un prix garanti de 124 euros par MWh pendant 19 ans, contre 129,8 euros pour le second. A l’époque, certains observateurs avaient salué cette réduction du soutien fédéral qui doit faire économiser 1,1 milliard d’euros aux consommateurs d’électricité en 19 ans. Mais dans la foulée de cet accord, plusieurs pays ont obtenu des conditions nettement plus avantageuses. Le 5 juillet 2016, la société danoise Dong Energy a remporté les parcs néerlandais Borssele 1 et 2 contre un soutien de 72,70 euros par MWh pendant quinze ans. Quelques mois plus tard, un consortium mené par Shell a obtenu Borssele 3 et 4 pour un prix garanti de 54,5 euros. Avec un soutien de 124 euros par MWh pour Norther, la Belgique subsidie-t-elle deux fois plus les éoliennes en mer du Nord que les Pays-Bas ? La Creg répond qu’il existe des différences objectives entre Norther et Rentel d’un côté et Borssele de l’autre. Cela rend les coûts d’investissement et opérationnels plus élevés chez nous. Il n’empêche, ces différences n’expliquent pas l’écart de soutien offert par les deux pays. Une étude de la Creg a transposé le résultat de l’appel d’offres de Borssele 3 et 4 aux trois parcs belges (Northwester 2, Mermaid et Seastar) qui doivent encore négocier leur soutien. Résultat : le régulateur estime que ces trois parcs devraient pouvoir s’en tirer avec un soutien de 64 euros par MWh, la moitié du montant accordé à Norther et Rentel.