Entretien

Le CDH, partenaire du PS au parlement de la Communauté française a approuvé le décret inscription. Il a pu l'amender, le corriger, introduire des exceptions. Mais il l'a soutenu au moment du vote.

Marie-Dominique Simonet, ministre de l'Enseignement supérieur et chef de file du CDH dans le gouvernement francophone ne renie pas ce qui a été fait. Mais elle exige, clairement, une évaluation rapide du dispositif.

Ce décret, vous l'avez soutenu. Ne le regrettez-vous pas maintenant ?

Je voudrais d'abord dire que sur les 700 établissements secondaires de la Communauté française, seuls 2-3 pc sont réellement touchés par les files. Ces files se sont créées parce qu'il n'y a pas assez d'offres pour répondre à la demande. Et ça, ce n'est quand même pas la faute du décret. Mais je suis bien d'accord pour dire que c'est une situation humaine difficile. Ce qui est dès lors essentiel pour moi, c'est qu'on puisse très rapidement, pas aujourd'hui, mais éventuellement déjà la semaine prochaine, faire une série d'évaluations du dispositif.

Le texte n'a-t-il quand même pas incité les inscriptions multiples et donc créé artificiellement de la rareté ?

Cela existait déjà avant. Tout comme, il y a des écoles qui étaient déjà confrontées à des files et appliquaient très honnêtement une réglementation proche du décret. Je le répète : une sérieuse évaluation s'impose. Cette évaluation conduira sans doute à devoir revoir certaines modalités du dispositif. Et à tirer des conclusions.

Des conclusions ? De quel genre ?

Je pense que ce qui se passe témoigne d'un manque évident d'écoles dans certaines régions, à Bruxelles et dans le Brabant wallon.

Un manque d'écoles ou un manque d'écoles avec une image valorisée ?

On me dit que dans certains endroits, on a besoin d'écoles, parce que la demande dépasse l'offre. Si ces besoins sont mis en évidence, il reviendra au gouvernement de prendre une initiative pour y répondre.

Mais deux nuits, trois jours dehors à faire la file, quand même, c'est un constat d'échec ?

Oui, c'est terrible. L'évaluation devra dire si on est arrivé à l'objectif. Ou s'il n'y a pas d'effet pervers. On me dit que les files qui se sont formées ne reflètent pas une très grande mixité sociale. Si c'est vrai, il faudra s'interroger. Comparons-nous avec la Flandre. La Flandre a mis en 2003 un système semblable. Il y a aussi des files. Mais aussi une grande mixité sociale. Il y a un quota d'élèves défavorisés qui peuvent se pré-inscrire. Il y a aussi une subvention plus forte pour les écoles qui accueillent ce genre d'élèves. Mais il y a quand même une file.

Vous vous attendiez à de telles files ?

On s'attendait à ce qu'il y en ait. Pas aussi tôt dans la semaine.