Un bon conseil : si vos affaires ne vous obligent pas absolument à rejoindre la capitale mercredi 18 juin, abstenez-vous.

Les agriculteurs et les transporteurs routiers manifesteront dans la capitale ce jour-là, entre 10 heures et 16 heures, et on annonce une pagaille monstre, même si une réunion de concertation avec la police a abouti à l'engagement des uns et des autres que les deux manifestations n'interfèrent pas l'une avec l'autre.

1. Pourquoi ces deux manifs ? Les transporteurs affiliés à l'UPTR (Union professionnelle du transport et de la logistique), auxquels s'est jointe la fédération des négociants en carburant (Brafco), en ont marre de la hausse des prix des produits pétroliers.

En tête de leurs revendications : l'introduction d'une clause "automatique, légale et obligatoire" permettant au transporteur de répercuter sur son client la hausse des prix du diesel. Autre exigence du secteur routier : le raccourcissement à trente jours des délais de paiement, là où les clients paient aujourd'hui le plus souvent à soixante ou nonante jours.

On notera cependant que ni la Febetra (Fédération belge des transporteurs), qui compte environ 8000 entreprises, ni le syndicat UBOT-FGTB (Union Belge des ouvriers du transport) ne soutiennent l'action lancée par l'UPTR, "fédération patronale qui frappe à la mauvaise porte" selon la FGTB, laquelle déplore le fait que les syndicats ont été exclus de la concertation avec les fédérations patronales à l'occasion du débat autour de la hausse du prix du diesel.

Michaël Reul, le secrétaire général de l'UPTR promet, de son côté, un défilé dans le calme. "Il n'est pas question de blocage", a-t-il expliqué, tout en confirmant toutefois que les transporteurs manifesteront bien à bord de leur camion.

Pour rappel, le Premier ministre, Yves Leterme, a convié les représentants du secteur à une table ronde le jeudi 19 juin. Dès ce mardi, toutefois, les quatre fédérations de transporteurs (UPTR, FEBETRA, SAV et FBAA) rencontreront Etienne Schouppe, secrétaire d'Etat à la Mobilité.

De leur côté, les agriculteurs espèrent obtenir une rencontre avec les autorités européennes. Parallèlement, le Boerenbond et l'Union des agricultrices wallonnes organiseront une "action charme" dans le centre : leurs membres proposeront des dégustations de produits de la ferme.

2. A quoi faut-il s'attendre ? Selon la police de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles, à de sérieuses perturbations. Au point que Joël De Keyzer, commissaire divisionnaire à Direction trafic, a demandé "avec insistance" de ne pas venir en voiture à Bruxelles mercredi et d'utiliser les transports en commun ou, à tout le moins, les parkings de délestage.

Les routiers arriveront par l'A12 et passeront par Laeken pour atteindre la petite ceinture, où ils immobiliseront leurs poids lourds (qui pourraient être 200).

Les manifestants du secteur agricole passeront, eux, par l'avenue de Tervuren puis par le rond-point Montgomery pour atteindre l'esplanade du Cinquantenaire, a indiqué le commissaire.

Deux périmètres de sécurité seront installés. L'un autour de la zone neutre, le second autour du quartier européen. La petite ceinture et le quartier Schuman seront ainsi partiellement, voire totalement, fermés à la circulation ce jour-là.

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