Belgique

Les utilisateurs de la SNCB ont été consternés, mercredi dernier, en lisant la "une" du quotidien gratuit "Metro". En première page, ce qui pouvait passer pour une information "choc" était en fait… une énorme publicité pour Nivea. Mais elle n’avait rien à voir (mais alors rien du tout) avec la marque de produits cosmétiques. Le titre de la vraie-fausse "une" avait, il est vrai, de quoi surprendre : "Travaux sur les rails : 1 train sur 2 pendant 3 ans", le tout agrémenté d’une photo de voies ferrées désertées par les trains. En sous-titre, encore plus grave : "Le ministre des Travaux publics a annoncé hier en fin de journée l’ouverture de grands travaux sur tout le rail belge. Ces travaux devraient durer 3 ans et visent à augmenter la sécurité globale des voies ferrées. Le revers de la médaille : pendant toute la durée des travaux, le trafic ferroviaire sera réduit… à 1 train sur 2". Bref, tout laissait croire qu’il s’agissait d’une information officielle très inquiétante.

C’est seulement dans un petit encart marketing, en bas à droite de la page, qu’il était précisé "Ces informations vous stressent ? Heureusement, ces informations sont fausses." Les lecteurs devaient alors se rendre à la dernière page du journal pour se rendre compte qu’il s’agissait d’une simple pub pour la célèbre marque.

Si cette "information" a pu troubler fortement les usagers du rail, elle a aussi provoqué de l’indignation au sein du groupe SNCB. L’entreprise publique a immédiatement déposé une requête en extrême urgence contre "Metro" auprès du tribunal de commerce de Bruxelles afin de faire interdire toute nouvelle publication de la publicité litigieuse et de retirer les exemplaires du numéro de la diffusion.

Astreinte de 5 000 €/heure

Le tribunal a donné raison au groupe SNCB. Et, pour être bien certain que ces mesures radicales pour un média seraient bien exécutées, le tribunal a assorti sa décision d’une astreinte de 5 000 euros par heure de retard constatée à dater de la notification de l’ordonnance.

Les arguments développés par l’entreprise ferroviaire étaient sans appel. Entre autres : "La plupart des lecteurs liront l’article (ou même seulement le titre) mais pas le pavé du bas de la page. Peu de gens poursuivront ensuite leur lecture jusqu’à la dernière page pour constater qu’il s’agit en réalité d’une publicité Nivea. En effet, le public du quotidien ‘Metro’, des navetteurs, lit généralement très rapidement ce journal, se contentant souvent de parcourir uniquement les gros titres. Dès lors, de nombreux lecteurs auront retenu uniquement le contenu du titre particulièrement accrocheur ainsi que du petit texte explicatif faisant artificiellement croire à la véracité de cette fausse information. […] La confusion est encore renforcée par le fait qu’en page 2 de ce numéro, une pleine page est consacrée à des informations sur les chantiers en cours et les retards qu’ils engendrent sur le rail […]".

Par ailleurs, un démenti cinglant a été publié dans l’édition d’hier du quotidien fautif. Voici le texte publié : "La une du Metro du 13 juin a suscité une vive et légitime inquiétude chez les navetteurs. […] Il ne s’agissait heureusement que d’une publicité (de goût douteux) publiée par Metro pour Nivea. La SNCB, Infrabel et la SNCB Holding regrettent ce manque d’intégrité de la part de Nivea et de Metro. La SNCB, Infrabel et la SNCB-Holding tiennent à rassurer tous les clients du rail et mettront tout en œuvre pour garantir le respect des navetteurs et de leur personnel".