Il ne fait pas de doute que les catholiques les plus traditionnels (re) tomberont à bras raccourcis sur l’évêque d’Anvers, Mgr Johan Bonny qui dit tout haut ce que beaucoup de chrétiens de base mais aussi de nombreux prélats pensent tout bas.

A savoir que sans renoncer aux fondamentaux de la religion catholique et donc à la primauté et l’indissolubilité du mariage hétérosexuel, il est temps que l’Eglise montre davantage d’ouverture et de miséricorde à l’égard de ceux qui tout en n’étant pas mariés devant Dieu (et pas nécessairement devant les hommes) sont à la fois de bons époux mais aussi d’excellents parents.

Une lettre très… papale aux pères synodaux

L’évêque d’Anvers avait déjà enfoncé le clou à l’occasion des deux synodes romains sur la famille d’octobre 2014 et d’octobre 2015, notamment en envoyant à tous les participants mais aussi "urbi et orbi" un "document franc, ouvert, lucide et interpellant" pour paraphraser Cathobel, le site de l’Eglise catholique belge. Il y constatait notamment que les importantes questions de la relation, de la sexualité, du mariage et de la famille représentaient "un terrain conflictuel dans la communauté de l’Eglise". Et qu’il fallait s’efforcer de rapprocher les points de vue sans céder sur l’essentiel.

Un message audacieux ? Que nenni puisqu’il traduisait là les visions miséricordieuses du Pape qui les a, depuis lors, rassemblées sur la base des travaux des pères synodaux dans l’exhortation "Laetitia Amoris".

Des rituels mais surtout des mots d’accueil tolérants

Voilà que Mgr Bonny franchit un nouveau pas dans un livre d’entretiens qui paraîtra le 11 octobre prochain dont la teneur a été dévoilée dans "Kerk&Leven", l’hebdo flamand des paroisses.

L’évêque y plaide clairement pour la recherche de nouveaux rituels pour bénir humainement et divinement - mais sans célébrer le sacrement de mariage - l’union entre cohabitants, notamment entre divorcés remariés mais aussi entre personnes du même sexe qui suivent les préceptes évangéliques et croient en Dieu.

Il n’est donc pas question de les mettre strictement sur le même pied que les couples mariés. Cela dit, Johan Bonny revient aussi sur la communion que les prêtres doivent, en principe, refuser aux divorcés remariés (civilement donc) si on suit les prescrits à la lettre. Dans la pratique cependant, peu appliquent cet ostracisme peu en phase avec le message du Christ.

"Cette question doit en tout cas être très sérieusement réenvisagée car il faut juger sur base de la situation individuelle des personnes concernées. Ou plutôt : il faut les associer aussi à cette réflexion et décider sur base d’une série de critères." Christian Laporte

"Mag ik ? Dank je. Sorry, Vrijmoedige dialoog over relaties, huwelijk en gezin" qui sort le 11 chez Lannoo est le fruit d’entretiens de l’évêque d’Anvers avec le théologien moral Roger Burggraeve et Ilse Van Halst de "Kerk&Leven".