A trois jours de la création à Rome comme cardinal de l’archevêque de Malines-Bruxelles, les Amis de Sainte-Catherine et de la Fraternité (dissoute) des Saints Apôtres ont adressé une lettre ouverte à Mgr Jozef De Kesel "afin qu’il pose un premier geste de justice et de conciliation en tant que cardinal, en réhabilitant en Belgique cette fraternité de jeunes prêtres et séminaristes qu’il a injustement dissoute le 15 juillet".

Dans cette lettre, les signataires vont plus loin et critiquent les orientations suivies depuis le départ de Mgr Léonard allant jusqu’à voir dans cette politique nouvelle "peut-être le germe d’une réelle et inquiétante dissolution de l’Eglise belge".

Humble et confessante

Mgr De Kesel a anticipé ces mises en cause sans en avoir cependant pris connaissance mercredi à la tribune des Grandes Conférences catholiques. Face à une salle plus que remplie - on a dû ajouter des sièges sur la scène -, l’archevêque qui avait été introduit par l’ex-sénatrice CDH Clotilde Nyssens - il avait expressément demandé qu’une femme le présente - a expliqué qu’on ne retournerait, évidemment, plus à l’Eglise dominante et triomphante d’antan mais qu’elle ne disparaîtra pas pour autant. A condition de "rester humble" en se situant dans "une société moderne et sécularisée". Sans doute aussi sera-t-elle plus petite et représentera-t-elle "un point de vue et une possibilité parmi d’autres".

Mgr De Kesel souhaite "une Eglise plus confessante qui n’a pas peur de sa particularité et de son identité". Mais en même temps, elle doit "rester ouverte comme le veulent le concile et le pape François". Et de préciser pour ceux qui n’auraient pas compris que ce ne serait "pas une Eglise qui se renferme et se replie sur elle-même dans une attitude d’autosuffisance, mais une Eglise ouverte au monde, ouverte à ceux qui cherchent, une Eglise qui les accueille avec bienveillance". Ce ne serait "pas une Eglise qui condamne et vit sur la défensive mais une Eglise solidaire des hommes de ce temps, avec leurs espoirs et leurs joies, avec leurs tristesses et leurs angoisses". Enfin, pour le presque cardinal ce sera aussi "une Eglise qui participe au débat public et qui s’engage pour un monde plus humain et plus fraternel".