Mgr Harpigny: "L’institution sait prendre ses responsabilités"

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Christian Laporte

Publié le - Mis à jour le

Mgr Harpigny: "L’institution sait prendre ses responsabilités"
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Entretien

Monseigneur Guy Harpigny commente la décision de l’Eglise.

Pour Madame Lalieux, c’est une journée importante : l’Eglise reconnaît sa responsabilité morale et va indemniser les victimes…

Elle l’est aussi incontestablement pour nous. Car le travail que nous avons entrepris dès le 7 avril dernier se termine. Nous avons eu beaucoup de contacts et vu énormément de monde. Je puis vous dire que dès le début, j’étais persuadé qu’il fallait arriver à ce que nous avons décidé.

Pourquoi cela a-t-il duré si longtemps ?

Tout le monde dans l’Eglise n’avait pas nécessairement une connaissance totale du dossier comme Mgr Johan Bonny et moi-même. Même si nos collègues en connaissaient forcément très bien les tenants et aboutissants.

Il n’y a pas eu de réticences non plus chez les supérieurs religieux ?

Non, il y a eu une très bonne entente avec eux aussi dans la foulée de leurs auditions devant la commission parlementaire.

Vous allez passer à la vitesse supérieure ?

Mais nous y sommes déjà ! Vendredi après-midi, les quatre experts que nous avons désignés - NdlR : voir ci-dessus - ont déjà rencontré ceux de la commission de la Chambre. L’on s’oriente vers une convention pour fixer les règles de la procédure d’arbitrage, qu’on appelle cela un tribunal ou autrement. On n’a pas fixé de date-butoir mais cela doit aller très vite.

Votre communiqué dit encore qu’il est souhaitable que les arbitres aient la faculté d’orienter les parties vers une médiation.

Pour les cas les plus difficiles, nous pensons, en effet, qu’il faut également prévoir une médiation. C’est tout à fait dans l’air du temps de prévoir encore un lieu qui permette certaines transactions.

Les évêques et supérieurs religieux prendront des mesures pour que l’on ne doive plus revivre ce qu’on a vécu. Lesquelles ?

Nous nous inspirerons certainement de la récente circulaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi de la mi-mai mais en notre sein nous préparons également un document propre à l’Eglise de Belgique.

Plus concrètement encore ?

Nous travaillons à la mise en place d’un code déontologique pour tous les acteurs pastoraux. Et nous entendons nous tenir à l’application la plus stricte des règles canoniques. Chaque fois qu’un nouveau cas serait connu, on en référera immédiatement à Rome. Il y aura aussi des mesures directes au niveau local avec, s’il le faut, une mesure d’écartement immédiat du clerc déviant. Nous serons attentifs à ce que personne ne puisse se trouver en danger et qu’une victime trouve directement une assistance de notre part.

Cela ira-t-il jusqu’à vous adresser vous-même à la Justice ?

C’est à la victime de le faire mais si elle ne le fait pas, il incombera aux autorités religieuses d’avertir immédiatement le procureur du Roi.

Pour la “rue de la Loi” l’Eglise a compris…

Nous nous réjouissons de ce qui pourra être réalisé. L’Eglise est une institution qui sait prendre ses responsabilités. Est-ce qu’une autre l’aurait fait ? Je remercie en tout cas la présidente de la commission de nous avoir fait confiance.

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