En cette fin d’année 2014, l’archevêque de Malines-Bruxelles met le turbo pour achever son tour des doyennés de l’archidiocèse. Ainsi après dix jours dans celui d’Asse, Mgr Léonard met le cap sur celui de Lasne du 12 au 17 décembre et en janvier 2015, il bouclera la boucle du 8 au 13 à Waterloo. Ainsi se terminera une longue tournée entamée après son installation début 2010.

Fatigue physique et morale ?

Tous ceux qui l’ont rencontré récemment confirment qu’André-Joseph Léonard remplit certes encore avec beaucoup d’enthousiasme sa fonction - surtout dans ses visites sur le terrain - mais le prélat apparaît souvent fatigué.

Une lassitude certes physique : il atteindra le 6 mai 2015 le cap des 75 ans, date aussi à laquelle il devra officiellement remettre sa démission au pape François. Généralement, les (arch)evêques dans le cas envoient leur lettre mais gardent secrètement l’espoir que le Pape les prolongera un peu. C’est ce qui s’était passé pour le cardinal Danneels qui a soufflé ses 75 bougies en 2008 mais qui fut prolongé pendant près de deux ans.

"Personne n’est indispensable"

De manière surprenante, Mgr Léonard a profité du micro tendu par le magazine "Telefacts" (VTM) pour annoncer qu’il entend accéder le plus vite possible à la retraite. Même s’il n’exclut pas d’être prolongé, il se dit indifférent au choix qui sera fait. Comme le journaliste se fit insistant, l’archevêque a laissé entendre qu’il n’"espérait pas être prolongé", arguant que "sur cette terre, personne n’est indispensable" !

Comme on l’a connu plus offensif, on peut conjecturer que celui-ci redoute que le Vatican ne le prolonge pas. Ce qui, à ses yeux, serait incontestablement une seconde gifle du pape François. C’est un secret de polichinelle que le primat de Belgique, tout en feignant l’indifférence, n’a jamais totalement digéré que lors de son premier consistoire, le Pape actuel ne l’ait pas fait cardinal. Afin de sortir par les grandes portes de ses cathédrales, Mgr Léonard prévient en quelque sorte le choc.

Il faut dire qu’entre lui et le Pape argentin, le courant n’est jamais passé, ce dernier voulant lentement mais sûrement changer l’Eglise en lui rouvrant de nouveau les fenêtres au monde.

Pour y parvenir et notamment pour réussir le fameux synode sur la famille qui se clôturera en octobre 2015, il s’agit aussi d’élargir le camp des réformateurs. Et qu’à ce moment la Belgique catholique ait à sa tête un archevêque proche de sa mouvance serait un atout supplémentaire pour le Pape. D’où l’idée qui circule dans les cénacles bien informés que le successeur de Mgr Léonard pourrait être très vite désigné.

Sans exclure une surprise, le nom de l’évêque d’Anvers Johan Bonny, auteur d’un texte audacieux avant le synode - que l’archevêque n’a guère applaudi… - est souvent cité mais on évoque aussi celui de l’évêque de Liège, Jean-Pierre Delville, ou encore ceux des évêques de Bruxelles et de Bruges, Jean Kockerols et Jef De Kesel…